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in Revue française de science politique Publication date 2013
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En s’intéressant au phénomène de la méconnaissance des effets pathogènes pesticides sur la santé des agriculteurs, les auteurs cherchent à comprendre comment les instruments de connaissance qu’utilisent les politiques publiques peuvent avoir pour conséquence paradoxale d’obscurcir la compréhension des problèmes sociaux. Ils s’appuient pour cela sur les travaux récents portant sur les dynamiques de production organisée de l’ignorance, qu’ils complètent en en soulignant les prolongements politiques et moraux. Ils mettent ainsi en évidence deux facteurs d’invisibilité sociale des maladies induites par les pesticides parmi les travailleurs agricoles : la sous-reconnaissance institutionnalisée des pathologies chroniques causées par les expositions répétées à de faibles doses de pesticides ; la sous-déclaration par les victimes des pathologies aiguës induites par les intoxications ponctuelles à hautes doses.

in Handbook of Ignorance Studies Publication date 2015
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Large areas of uncertainty still surround the relationship between environmental exposure to toxic materials, on the one hand, and human health, on the other. Several historical accounts have recently shown that this state of ignorance is not only due to the complex nature of the interactions between toxic agents and human bodies. Most of these accounts cast light on the strategies set up by big corporations to hide the dangers of the toxic materials they use, sell or dispose of in the environment. The cases of tobacco smoke (Proctor 2012), global warm-ing (Oreskes and Conway, 2010) and toxic chemicals (Markowitz and Rosner, 2003) provide evidence of these strategies contributing to the “social production of ignorance” over environ-mental health issues. Until now, these accounts have tended to focus on how industry draws on specific networks of scientists, politicians and experts in regulating agencies to produce doubts about the harmfulness of their products. These approaches tend to limit the role of governing bodies to that of organizations “captured” by private interests (McGarity and Wagner 2008). In so doing, they overlook the fact that for governing bodies, ignorance can have a value in and of itself. For instance, it helps the contemporary state to reduce complex issues (Scott 1998) so as to make them “governable” (Foucault 2004). Recent environmental health studies support this thesis. The cases of indoor air pollution (Murphy 2006), of pesticides’ effects on bees (Kleinman and Suryanarayanan 2013), and of the consequences of human exposure to chemicals in the soils of post-Katrina New Orleans (Frickel and Vincent 2007), show that ignorance is a useful resource for the control of toxic chemicals in the environment. [First paragraph]

L’ergotoxicologie, qui cherche à appliquer la démarche ergonomique à la compréhension et à la prévention des risques liés aux expositions à des substances chimiques sur le lieu de travail, est aujourd’hui un savoir relativement marginal dans les politiques de contrôle des toxiques professionnel. Ces dernières demeurent largement dominées par des approches d’hygiène industrielle classiques, reposant sur la définition de valeurslimites d’exposition et des préconisations relatives au port d’équipements de protection. Pour comprendre cette situation, nous proposons ici de restituer la manière dont les savoirs ergotoxicologiques ont été mobilisés, formalisés et interprétés dans le cadre d’une enquête conduite par la Mutualité Sociale Agricole au début des années 2000 et qui a conduit à l’interdiction de l’arsenite de soude en viticulture. Nous montrons comment ces savoirs ont été retraduits par les acteurs des politiques de prévention du risque professionnel agricole dans des termes compatibles avec leurs logiques d’action.

Les institutions en charge de la prévention des maladies des travailleurs agricoles exposés aux pesticides utilisent principalement des méthodes expérimentales en laboratoire pour repérer et mesurer ces intoxications. Il peut cependant arriver que les agents de ces institutions construisent des méthodes alternatives de mesure du danger. L’observation in situ des situations de travail permet notamment de découvrir des formes surprenantes d’exposition professionnelle à ces produits chimiques. En décrivant une enquête de ce type, conduite en France par la Mutualité sociale agricole sur des intoxications liées à un pesticide cancérigène, l’arsenite de soude, cet article restitue les conditions sociales qui rendent possible ce type d’initiative.

in Revue française de sociologie Publication date 2015
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Current research into the social construction of ignorance holds either that it is produced by conscious strategies or that it is an unintended effect of knowledge production organization. The present article moves beyond that opposition by bringing in the reflexivity of actors implicated in the organized systems that produce ignorance. What happens when those actors become aware of limitations in the routines that structure their action? What change dynamics are triggered by this new awareness? The case analysed here is the French public policy devoted to prevent farmers from pesticides poisoning. By studying the ban of the sodium arsenite in France in 2001, we show how this policy can manage "uncomfortable" knowledges that challenge its ordinary institutional arrangements. We bring to light the mechanisms by which the organizations that produce these uncomfortable knowledges also provide their members with "good reasons" to ignore it, defusing or neutralizing their critical faculties and avoiding undertaking the institutional changes that clearly should be made in response to that knowledge.

in Revue française de sociologie Publication date 2015
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Les recherches actuelles sur la construction sociale de l’ignorance soutiennent que cette dernière est soit le fruit de stratégies conscientes, soit l’effet involontaire d’un mode d’organisation de la production de connaissances. Cet article propose de dépasser cette opposition en introduisant la question de la réflexivité des acteurs des systèmes organisés qui produisent de l’ignorance : que se passe-t-il lorsque ces acteurs prennent conscience des limites des routines qui structurent leur propre action ? Quelles dynamiques de changement résultent de cette prise de conscience ? Le cas étudié ici est celui du dispositif de prévention des intoxications professionnelles induites par les pesticides en France. En prenant appui sur l’interdiction de l’arsenite de soude (2001), nous montrons comment ce dispositif parvient à s’accommoder des savoirs « inconfortables » susceptibles de remettre en cause ses arrangements institutionnels ordinaires. Nous mettons en évidence les mécanismes par lesquels les organisations qui produisent ces savoirs offrent à leurs membres de « bonnes raisons » de les ignorer, en désamorçant leur sens critique et en évitant d’œuvrer aux changements institutionnels qui devraient découler de leur prise en considération.

in Revue française de science politique Publication date 2013-11
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By focusing on the general ignorance concerning occupational diseases related to exposure to pesticides among farmworkers, the authors seek to understand how public policy tools used to produce knowledge may paradoxically result in the obscuring of social problems. In order to do so, they rely on recent sociological studies on the dynamics of the organized ignorance. They complete this approach by stressing the underlying moral and political implications of this state of affairs. As such, the authors demonstrate two factors contributing to the social invisibility of diseases brought about by the use of pesticides among farmworkers: the institutionalized underrecognition of chronic illnesses caused by certain forms of exposure to low doses of these toxic substances; and the under-reporting by workers of the acute effects of high dose pesticide poisoning.

L’exposition prolongée des travailleurs agricoles aux pesticides entraîne-t-elle de nombreuses pathologies sévères, telles que les cancers ou les maladies neurodégénératives ? S’il est difficile d’apporter une réponse définitive à cette question, c’est en partie en raison de la complexité inhérente aux mécanismes biologiques en cause et des nombreuses incertitudes scientifiques qui entourent les intoxications environnementales. Depuis une dizaine d’années, cependant, plusieurs travaux de sciences sociales suggèrent que les états d’ignorance concernant l’impact des produits chimiques sur la santé ne sont pas liés uniquement à la nature complexe des interactions entre les agents toxiques et le corps humain. Les travaux sur les cas du tabac (Proctor, 2012), du réchauffement climatique global (Oreskes et Conway, 2010) et du plomb (Markowitz et Rosner, 2002) montrent en effet que l’ignorance qui entoure les effets des substances nocives pour la santé et l’environnement est en partie le produit d’une construction sociale par laquelle certains acteurs s’efforcent de cacher ces effets ou d’éviter qu’ils ne fassent l’objet d’investigation scientifique (...).

Le 27 décembre 1999, une grave tempête ravage les côtes du Sud-Ouest de la France. François Dedieu raconte et analyse le déclenchement de l’alerte et l’organisation des secours. Il montre que l’action des dispositifs de sécurité civile a des effets paradoxaux sur la catastrophe : tout en maîtrisant ses conséquences,elle contribue à les amplifier. À travers la notion d’accident total, le sociologue prend le contre-pied de l’idée selon laquelle les pouvoirs publics seraient responsables de la mauvaise gestion de la crise. (Résumé éditeur)