Type
Partie de rapport
Titre
L' « affaire Asia Bibi » au Pakistan : 'Etat pris au piège de partis islamistes auto-justiciers ?
Dans
Observatoire international du fait religieux (bulletin n°32 - septembre 2019)
Auteur(s)
RUSSO Sophie - Centre de recherches internationales (Auteur)
Centre de recherches internationales (Editeur scientifique)
DIECKHOFF Alain - (Directeur de publication ou de collection)
PORTIER Philippe - (Directeur de publication ou de collection)
Éditeur
Paris : Centre de recherches internationales
Pages
en ligne - p.
Mots clés
Pakistan, minorités religieuses, partis islamistes, blasphème, violence
Résumé
FR
Après l'acquittement d'Asia Bibi le 30 octobre 2018, d'un côté les médias internationaux saluent les juges de la Cour Suprême, ainsi que le gouvernement qui lui apporte son soutien, pour cette décision qui semble indiquer que l'Etat pakistanais est décidé à faire respecter les droits des minorités de la République islamique. Cette décision est d'autant plus significative que les lois anti blasphème sont largement critiquées pour être souvent instrumentalisées en vue de régler des comptes personnels. De l'autre, ils soulignent avec appréhension que cette décision est fortement contestée par les partis islamistes pakistanais, qui s'adonnent à des manifestations violentes et demandent que la décision soit réévaluée et Asia Bibi pendue en place publique. Ils notent tout particulièrement le rôle du Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), le parti islamiste d'obédience barelvie1 qui avait déjà paralysé Islamabad pendant deux semaines en 2017, et a ensuite récolté de nombreux votes pendant l'élection de juillet 2018. Une analyse consensuelle se développe alors dans cette couverture médiatique internationale : l'Etat pakistanais se voit paralysé par des mouvements islamistes enclins à la violence. Après des négociations avec le TLP, le gouvernement d'Imran Khan accepte en effet qu'une nouvelle pétition soit déposée pour la révision du jugement, ainsi que d’inscrire Asia Bibi sur la liste des personnes interdites de sortie du territoire. Selon cette interprétation commune, la question du blasphème se résumerait donc à un bras de fer entre l'Etat et les partis islamistes. Au coeur du problème serait la menace du recours à la violence et à l'auto-justice de la part des partis islamistes, et du TLP en particulier. De fait, des voitures ont été brûlés, des magasins mis à sac et Muhammad Afzal Qadri, un des dirigeants du TLP, a déclaré que les juges de la Cour Suprême méritaient la mort pour avoir innocenté Asia Bibi...

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
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