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L’esprit et la race : le mouvement étudiant face à la Révolution mexicaine (1910-1945)

 

Notice

Type:   Thèse de doctorat
 
Titre:   L’esprit et la race : le mouvement étudiant face à la Révolution mexicaine (1910-1945)
Titre traduit:   Spirit and Race: the student movement facing the Mexican Revolution (1910-1945)
 
Auteur(s):   Robinet, Romain (PhD) - Centre d'histoire de Sciences Po (Auteur)
 
Directeur de la thèse:   Loyer, Emmanuelle - Centre d'histoire de Sciences Po (CHSP) (Directeur de thèse ou de mémoire)
Compagnon, Olivier - Centre de recherche et de documentation des Amériques (Directeur de thèse ou de mémoire)
 
Date de soutenance:   2015-06
 
Établissement de soutenance:   Sciences Po - Institut d'études politiques de Paris
 
Notes:   Programme doctoral en Histoire
 
Mots-clés:   [fr] Révolution, Mouvement étudiant, Race, Mexique
 
Résumé:   [fr] Au Mexique, comme en Amérique latine, le cycle contestataire des années 1960-1970 a consacré la figure de « l’étudiant révolutionnaire ». À l’inverse, « l’étudiant en situation révolutionnaire » n’a fait l’objet que de bien peu d’analyses. La Révolution mexicaine, des années 1910 au début des années 1940, vit pourtant l’éclosion d’un puissant mouvement étudiant, organisé et représentatif, inséré dans les relations internationales, semblable en apparence à ses homologues européens ou latino-américains. Toutefois, à la différence de ces derniers, le mouvement étudiant mexicain se conçut et se forma en relation étroite avec un phénomène majeur : la Révolution. Durant cette période, les étudiants s’organisèrent au nom de la Révolution, la critiquèrent, la défendirent et la propagèrent, par leurs voyages, leurs congrès et leurs organisations, au Mexique et dans l’espace ibéro-américain. Ils formulèrent dans le même temps une vision révolutionnaire de la réforme des universités et des écoles, insistant sur l’éducation populaire et sur la politisation des savoirs. Animés par une vision racialiste du monde social, ces étudiants se mobilisèrent aussi au nom de la « race ibéro-américaine », à laquelle la patrie mexicaine appartenait. La révolution fut pour eux autant un phénomène de régénération raciale qu’une expérience politique inspirée de modèles européens parfois contradictoires, tels que le nationalisme, le socialisme, le coopérativisme ou le catholicisme social. La radicalisation de la révolution, durant les années 1930, contribua toutefois à diviser grandement le mouvement étudiant. Son étiolement correspondit à la fin de la Révolution.

[en] In Mexico, as in Latin America, the “revolutionary student” appears as a classical figure of the 1960-1970 protest cycle and has been largely analyzed by historians. On the contrary, very few studies have been dedicated to students “in revolutionary context”. As a matter of fact, a powerful student movement, organized and representative, active in international student relations, emerged during the Mexican Revolution, between the 1910s and the 1940s. Apparently similar to its European or Latin American counterparts, this first Mexican student movement was however built and shaped by its leaders in close relation with a major phenomenon: the Revolution. During this period, Mexican students organized themselves in the name of the Revolution. They largely defended the revolutionary principles, but also started to criticize more and more the revolutionary governments. Through their international organizations and congresses, they also contributed to the transnational circulation of the Mexican Revolution in Ibero America. Actors of a “revolution by education”, Mexican student leaders succeeded in defending a “University Reform” that was at first compatible with the revolutionary ideals. Education could help to form the soul of Mexico and of the “Ibero American Race”. In their view, the Mexican Revolution was both a racial regeneration and a political experience, inspired by European models such as nationalism, socialism, cooperativism or social catholicism.