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Les sciences sociales et le « moment colonial » : de la problématique de la domination coloniale à celle de l’hégémonie impériale

 

Notice

Type:   Working paper
 
Titre:   Les sciences sociales et le « moment colonial » : de la problématique de la domination coloniale à celle de l’hégémonie impériale
 
Auteur(s):   Bertrand, Romain (1974-...) - Centre de recherches internationales (Auteur)
 
Date de publication:   2006-06
 
Éditeur:   CERI
 
Collection:   Questions de Recherches  :  18
 
Résumé:   [fr] La place prise par l’hypothèse – souvent devenue postulat – de la « permanence » ou de la « rémanence » contemporaines des imaginaires et des pratiques de domination propres aux « situations coloniales » invite à essayer d’esquisser un premier état des lieux du renouveau de l’historiographie du fait colonial. Après avoir passé en revue les principales lignes de force de cette historiographie, l’on s’efforcera de montrer, au regard du cas sud-est asiatique, que la compréhension des dynamiques du moment colonial des sociétés politiques noneuropéennes gagne à être raccordée à une interrogation comparatiste sur la notion d’hégémonie impériale. Il s’agira plus précisément de rappeler que les sociétés politiques d’Asie du Sud-Est vivaient, à la veille de leur « rencontre coloniale » avec l’Europe, sous le régime de modes spécifiques d’entrée en modernité étatique – et, ce faisant, de pointer les phénomènes d’enchâssement des historicités impériales. Analyser le moment colonial de l’Insulinde ou de l’Indochine non plus comme l’unique point d’origine des entrées en modernité (étatique, capitaliste, individualiste), mais comme une séquence d’une histoire impériale ‘‘eurasiatique’’ de « longue durée », c’est en effet se donner les moyens de penser l’histoire des sociétés asiatiques dans son irréductible spécificité.

[en] The idea that the colonial past keeps surfacing in contemporary political situations has been turned by some post(-)colonial theoreticians and militant writers into an irrefutable statement of fact. Yet this analytical stance is supported by little empirically grounded research. A host of creative new literature about modern age “colonial situations” indeed help us reach a better, more nuanced understanding of what colonial domination was all about. But they often fail to capture the vernacular, non-European historicity of the “colonial encounter”. In the case of Southeast Asia, local political societies were engaged in state-formation processes long before the arrival of the Europeans: In Insulindia and in Indochina, there actually existed local imperial societies, into which the European colonial order of things became embedded. Viewed from this perspective, the “colonial situation” was a moment in long-term Euro-Asiatic imperial histories that mixed together numerous and sometimes contradictory understandings of imperial power and prowess. Talking about imperial hegemonies hence might help us escape modernist analytical dead-ends.
 
 

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