Co-auteur
  • CARDON Dominique (1)
  • CRÉPEL Maxime (1)
Type de Document
  • Article (1)
  • Communication non publiée (1)
  • Thèse de doctorat (1)
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Un rattachement ou une formation disciplinaire, pas plus que la relation à des espaces de travail et des instruments spécialisés, ne suffisent seuls à définir une culture scientifique. Ce sur quoi des chercheurs issus d’horizons divers travaillent, construit un mode singulier de conception de leurs activités, pratiques et rapport au monde. Leur réussite est irrémédiablement liée à un sujet, à la fortune que rencontre celui-ci comme innovation dans un contexte social qui le borne et qu’il crée simultanément. Comment s’organise cette (re)conversion vers une nouvelle thématique, alors que l’évolution des modes de financement privilégie aujourd’hui précisément ce cadrage ? Cette thèse propose une enquête sur la notion de « domaine de recherche », que nous définissons a priori comme le cadre des interactions entre l’activité professionnelle de chercheurs et la société autour d’un thème partagé ; elle défend sa dimension épistémique. Ce manuscrit décrit en parallèle le développement des bioénergies, une des principales formes d’énergie dites renouvelables ou encore durables, issue de la biomasse, ses acteurs et leurs jeux d’actions, dans un contexte de forte incitation à conduire une transition énergétique globale, mais aussi de controverses sociales vives. Les deux objectifs de cette thèse convergent : décrire le style de pensée inhérent à un domaine de recherche particulier est nécessaire à l’appréhension, au-delà des seuls discours et promesses, des modes effectifs de développement d’une innovation (ici la mobilisation à grande échelle de végétaux, microorganismes ou déchets pour produire des biocarburants) et donc in fine, à l’évaluation par tout un chacun, de sa pertinence.

in Réseaux Publié en 2014
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Un nouvel usage du terme de « générations » est apparu dans le domaine technologique, pour qualifier différentes versions d’un produit, représenter les étapes successives d’un processus d’innovation, ou encore séparer le bon grain de l’ivraie dans un contexte controversé. À travers le cas de l’émergence des biocarburants, nous mettons à l’épreuve cette technologie littéraire et dévoilons sa dimension performative. En confrontant les discours d’acteurs à une analyse quali-quantitative de l’évolution des projets de recherche dans le domaine des bioénergies, nous identifions les dynamiques que ces comptes-rendus « générationnels » décrivent, et celles qu’ils laissent dans l’ombre. Trois usages s’en distinguent : le premier, biologique, inscrit des recherches disparates dans une généalogie progressiste et naturaliste ; le deuxième, sociologique, isole sur le principe de la rupture des filières prétendument vertueuses, d’autres, sacrifiées ; le dernier, rhétorique, véhicule sous couvert d’un emploi pédagogique, une stratégie politique pour la conduite de l’innovation.

Cette communication propose un retour d'expérience sur un dispositif d'enseignement, mis en place par Dominique Cardon dans le cadre du cours de Culture Numérique enseigné à Sciences Po, reposant sur une série d'innovations pédagogiques. Ce cours envisage l'enseignement du numérique comme la combinaison d'un apprentissage des concepts permettant de décoder les enjeux liés à la numérisation de la société mais également par une initiation à des activités de pratique du code et de production de contenus numériques. Afin de rendre possible l'articulation de ces activités de décodage et de codage, cet enseignement s'appuie sur un dispositif associant : - La culture numérique et l'histoire des technologies, via un cours en ligne (vidéos, de textes, et de quizz) présentant l'histoire de l'informatique et d'internet, mais également les transformations socio-politiques et économiques induites par le développement du numérique. - La pratique du numérique, par des ateliers permettant d'initier les étudiants à la production de contenus par l’apprentissage du code (processing, html), l'extraction et le traitement de données (crawl, scraping) et la production audiovisuelle. - La digital literacy, par la production d'une exploration numérique, réalisée en groupe, sur un terrain d'enquête précis en lien avec le cours, dont les résultats doivent être restitués sous forme numérique (sites, blog, vidéo, data visualisation, etc.). Notre communication sera l'occasion de présenter ce dispositif, d’en dresser un premier bilan et de discuter de ses implications pour les étudiants mais aussi les équipes, enseignants, ingénieurs et assistants pédagogiques l'ayant mis en oeuvre.