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in La vie des idées Publication date 2013-02
LEMOINE Benjamin-Noël
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in Quaderni Publication date 2013-02
LEMOINE Benjamin-Noël
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L’objet de cet article est de montrer comment les indicateurs de finances publiques, les fameux 3 % de déficit et 60 % de dette / PIB des critères de Maastricht, se sont imposés dans le paysage économique, médiatique et politique. En suivant les controverses qui ont émergé lors de la qualification de la France à l’union économique et monétaire, et plus particulièrement le litige autour du classement comptable d’un versement d’argent à l’état par France Télécom, au moment de sa privatisation, nous montrons comment une problématisation statistique et comptable des finances publiques s’est installée durablement. Cet épisode a eu pour effet de déporter les foyers de conflit d’une opposition au principe même des critères vers une critique de leurs usages partisans. La fixation de l’attention des journalistes, des experts de la comptabilité nationale et européenne ainsi que des professionnels de la politique sur les « bons » et « mauvais » usages des chiffres européens de finances publiques stabilise un espace européen de gouvernement des finances publiques orienté vers la surveillance des « passifs » financiers des états et l’accusation de la dépense publique. Le déplacement des résistances de l’extérieur vers l’intérieur du cadre des critères de convergence révèle que la formulation du débat sur les critères de convergence en termes de “créativité comptable” constitue moins une question de recherche académique pertinente en soi qu’une préoccupation politique et une orientation idéologique des acteurs européens dominants.