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Au moment où les prévisions de croissance pour la France de l’OFCE étaient rendues publiques (le 18 octobre, disponibles ici), l’OFCE conviait à un atelier, appelé l’Observatoire Français des Comptes Nationaux, les différentes institutions françaises publiques (Banque de France, Direction Générale du Trésor, Insee) et internationales (Commission européenne, OCDE et FMI) ainsi que les institutions privées françaises ou opérant en France. Le sujet de la journée était la conjoncture française et son environnement international, les prévisions macroéconomiques à l’horizon 2020, les perspectives budgétaires ainsi que des éléments de méthodes ou structurels comme l’écart de production ou les déséquilibres macroéconomiques. Cette rencontre annuelle dont c’est la deuxième édition, a eu lieu mercredi 17 octobre 2018. Au total, 18 instituts pratiquant la prévision à 1 ou 2 ans étaient représentés. Une analyse détaillée de ces prévisions sera publiée prochainement dans un Policy brief de l’OFCE. [Premier paragraphe]

Au moment où les prévisions de croissance pour la France de l’OFCE étaient rendues publiques (le 18 octobre, disponibles ici), l’OFCE conviait à un atelier, appelé l’Observatoire Français des Comptes Nationaux, les différentes institutions françaises publiques (Banque de France, Direction Générale du Trésor, Insee) et internationales (Commission européenne, OCDE et FMI) ainsi que les institutions privées françaises ou opérant en France. Le sujet de la journée était la conjoncture française et son environnement international, les prévisions macroéconomiques à l’horizon 2020, les perspectives budgétaires ainsi que des éléments de méthodes ou structurels comme l’écart de production ou les déséquilibres macroéconomiques. Cette rencontre annuelle dont c’est la deuxième édition, a eu lieu mercredi 17 octobre 2018. Au total, 18 instituts pratiquant la prévision à 1 ou 2 ans étaient représentés[1]. Une analyse détaillée de ces prévisions sera publiée prochainement dans un Policy brief de l’OFCE. (Premier paragraphe)

Les informations statistiques pour le premier semestre 2018 indiquent un essoufflement de la croissance économique mondiale. Ce ralentissement coïncide avec de nombreuses tensions politiques et financières – dont le Brexit, le risque de guerre commerciale entre grandes puissances, les tensions autour du budget italien pour 2019 ou encore celles sur les marchés de change des pays émergents. Dans ce contexte d'incertitudes et de risques baissiers, la trajectoire de croissance ne serait pas remise en cause pour autant. Pourtant il y aura bien un ralentissement du PIB mondial. Après un pic à 3,5 % en 2017, la croissance mondiale diminuerait de 3,4 à 3,1 % entre 2018 et 2020. Le ralentissement sera plus marqué dans les pays industrialisés où la croissance baissera de 0,8 point entre 2017 et 2020. Outre des estimations suggérant un rythme potentiel de croissance plus faible qu'avant la crise de 2008, les économies avancées seront pénalisées par l'augmentation du prix du pétrole tandis que les politiques économiques continueront de soutenir globalement l'activité en 2018 et 2019. C'est le cas de la politique budgétaire américaine fortement expansionniste ces deux années, ainsi que dans la zone euro dans une bien moindre mesure tandis que le Royaume-Uni poursuivra sa politique de consolidation budgétaire. Cette trajectoire de croissance est conditionnée par l'issue des négociations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, le périmètre de la guerre commerciale déjà engagée et la réaction des marchés de la dette souveraine en zone euro. Ces tensions financières et commerciales entraîneraient un ralentissement de l'activité dans les pays émergents en 2019 puisque la croissance passerait de 4,3 % à 4,1 %. Les pays industrialisés seraient faiblement impactés. Ainsi, dans un contexte particulier où les aléas sont orientés à la baisse, la croissance mondiale resterait solide, ce qui permettrait la réduction des taux de chômage sans provoquer le retour de tensions inflationnistes.

Nous comparons les prévisions de croissance de l'économie française à l'horizon 2020 réalisées entre septembre et début novembre 2018 par 18 organismes (publics et privés, dont l'OFCE). Après avoir augmenté de 2,3 % en 2017, l'activité ralentirait pour l'ensemble des prévision- nistes interrogés à 1,6 % en moyenne en 2018. Il n'y a pas d'accélération prévue à l'horizon de l'exercice de prévision : l'activité progresserait en moyenne de 1,6 % en 2019 et de 1,5 % 2020 (avec 8 instituts sur 12 qui prévoient un ralentissement). Mais les moteurs de la croissance changeraient. En 2017, la croissance avait été tirée par une forte contribution de la demande intérieure hors stocks tandis que le commerce extérieur jouait négativement. L'histoire est toute autre en 2018, le commerce extérieur, par sa contribution positive, contribuerait à compenser partiellement une demande intérieure moins dynamique. En 2019 et 2020, c'est l'inverse. L'accélération de la consommation des ménages permise par l'amélioration des revenus soutiendrait la croissance, tandis que l'investissement resterait solide. L'environnement international serait moindre favorable et les risques sur la croissance, plutôt orientés à la baisse. Si un consensus existe autour de ce scénario central, il masque malgré tout des divergences entre instituts liées notamment aux hypothèses relatives au positionnement de l'économie française dans son cycle, et donc au degré de tensions dans l'économie. Pour tous, l'inflation reste globalement modérée en prévision (entre 1,4 % et 1,9 % en 2020 selon les instituts) mais l'inflation sous-jacente s'accélère, tout en restant inférieure à 2 %, et certains instituts considèrent que des contraintes d'offre existent, notamment sur le marché du travail. Le taux de chômage baisserait de 9,4 % en 2017 à entre 8,1 % pour les plus optimistes à 9,1 % les plus pessimistes en fin de période. La progression des salaires resterait malgré tout contenue sur la période (avec un maximum à 2,6 % en 2020). L'impact positif des réformes passées et en cours sur la croissance du PIB et la compétitivité des entreprises ne ressort pas véritablement des scénarios. La France est sortie de la Procédure de déficit excessif en 2018 et tous les instituts prévoient le respect des règles budgétaires concernant le déficit public, qui resterait en-deçà du seuil des 3 % à l'horizon 2020. Néanmoins, le déficit se dégraderait 2019, du fait de mesures exceptionnelles (remboursement aux entreprises de la taxe sur les dividendes et transformation du CICE en baisses de charges sociales employeurs) et d'une amélioration de la composante conjoncturelle plus limitée qu'en 2017. En 2020, il serait compris entre 2,7 % et 1,6 % du PIB.

Nous comparons les prévisions de croissance de l'économie française à l'horizon 2020 réalisées entre septembre et début novembre 2018 par 18 organismes (publics et privés, dont l'OFCE). Après avoir augmenté de 2,3 % en 2017, l'activité ralentirait pour l'ensemble des prévision- nistes interrogés à 1,6 % en moyenne en 2018. Il n'y a pas d'accélération prévue à l'horizon de l'exercice de prévision : l'activité progresserait en moyenne de 1,6 % en 2019 et de 1,5 % 2020 (avec 8 instituts sur 12 qui prévoient un ralentissement). Mais les moteurs de la croissance changeraient. En 2017, la croissance avait été tirée par une forte contribution de la demande intérieure hors stocks tandis que le commerce extérieur jouait négativement. L'histoire est toute autre en 2018, le commerce extérieur, par sa contribution positive, contribuerait à compenser partiellement une demande intérieure moins dynamique. En 2019 et 2020, c'est l'inverse. L'accélération de la consommation des ménages permise par l'amélioration des revenus soutiendrait la croissance, tandis que l'investissement resterait solide. L'environnement international serait moindre favorable et les risques sur la croissance, plutôt orientés à la baisse. Si un consensus existe autour de ce scénario central, il masque malgré tout des divergences entre instituts liées notamment aux hypothèses relatives au positionnement de l'économie française dans son cycle, et donc au degré de tensions dans l'économie. Pour tous, l'inflation reste globalement modérée en prévision (entre 1,4 % et 1,9 % en 2020 selon les instituts) mais l'inflation sous-jacente s'accélère, tout en restant inférieure à 2 %, et certains instituts considèrent que des contraintes d'offre existent, notamment sur le marché du travail. Le taux de chômage baisserait de 9,4 % en 2017 à entre 8,1 % pour les plus optimistes à 9,1 % les plus pessimistes en fin de période. La progression des salaires resterait malgré tout contenue sur la période (avec un maximum à 2,6 % en 2020). L'impact positif des réformes passées et en cours sur la croissance du PIB et la compétitivité des entreprises ne ressort pas véritablement des scénarios. La France est sortie de la Procédure de déficit excessif en 2018 et tous les instituts prévoient le respect des règles budgétaires concernant le déficit public, qui resterait en-deçà du seuil des 3 % à l'horizon 2020. Néanmoins, le déficit se dégraderait 2019, du fait de mesures exceptionnelles (remboursement aux entreprises de la taxe sur les dividendes et transformation du CICE en baisses de charges sociales employeurs) et d'une amélioration de la composante conjoncturelle plus limitée qu'en 2017. En 2020, il serait compris entre 2,7 % et 1,6 % du PIB.