Type
Doctoral (Phd) thesis
Title
Contribution à une théorie de la justice cognitive : l’amélioration biomédicale de l’attention des enfants. Le cas de la Ritaline
Translated title
Contribution to a theory of a cognitive justice: the biomedical enhancement of children’s attention. The case for Ritalin
Author(s)
DE CASTEX Elisabeth - (Author)
REYNIÉ Dominique - Centre de recherches politiques de Sciences Po (Thesis advisor)
Institution of defense
Paris : Sciences Po - Institut d'études politiques de Paris
Pages
414 p.
Notes
Programme doctoral en Science politique
Keywords
Justice cognitive, Amélioration humaine, Neuroethique, Psychopharmacologie
Abstract
FR | EN
Dans son analyse de la démarche de socialisation des enfants, Émile Durkheim met en garde contre « toute action positive destinée à imprimer une orientation déterminée à l’esprit de la jeunesse ». Notre thèse explore les déclinaisons contemporaines de ces « actions positives » qui émanent de l’État et de différents éléments de la société, et qui, en modifiant le fonctionnement cérébral, entendent orienter le comportement d’enfants non malades vers davantage d’attention et moins d’impulsivité. Cette orientation recouvre un enjeu politique : la réduction des inégalités dans les capacités cérébrales, qui tendent à devenir des inégalités majeures dans la société de performance contemporaine. Notre objet de recherche est constitué par les nouveaux pouvoirs exercés par les adultes sur les enfants, au moyen de techniques biomédicales nouvelles, en particulier par des substances chimiques : les médicaments psychostimulants. Les moyens biomédicaux s’exercent directement sur le fonctionnement cérébral, de manière intrusive, sans la médiation du langage et de la communication, et posent de ce fait des nouvelles questions liées à leur puissance d’action. Ce travail se donne pour objectif de contribuer à une théorie de la justice cognitive pour les enfants. Les nouvelles significations des inégalités d’attention dans les apprentissages, les enjeux sociaux de ces inégalités dans une société de performance et les nouvelles possibilités d’intervention biomédicales sur le fonctionnement cérébral des enfants convergent vers de nouvelles formes dans l’économie psychique des enfants. Il semble possible d’interpréter ces nouvelles forces à l’œuvre comme s’inspirant d’un principe de justice. Le débat autour d’une justice cognitive reflète alors le caractère ressenti comme insupportable socialement des inégalités d’attention et le caractère ressenti comme inévitable de la réponse pharmacologique qui lui est associée. Le recours à la théorie d’une justice cognitive implique, pour l’analyse des pratiques de prescription massives de Ritaline, de se situer au-delà du paradigme habituel de contrôle social et de contrôle des comportements par la médicalisation de la société.
BIBLIOGRAPHIC QUOTE
EXPORT