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L’interdiction de la publicité est historiquement apparue en France comme un instrument d’action publique efficace pour lutter contre la consommation de tabac, d’alcool et plus récemment de produits jugés trop gras, trop sucrés ou trop salés. L’analyse sociohistorique des formes de réglementation met au jour d’autres logiques, politiques, cognitives et stratégiques, qui expliquent l’intérêt renouvelé pour une mesure essentiellement symbolique.

Contrairement à un pays comme les États-Unis, où la responsabilité des individus a été plus volontiers mise en avant, le cadrage de mise sur agenda des problèmes de surpoids et d’obésité en France a insisté sur les facteurs socio-structurels qui seraient à l’origine de ce problème. Pourtant, comme aux États-Unis, les instruments déployés pour lutter contre ce problème visent principalement à responsabiliser des individus conçus comme autonomes. Nous nous intéressons dans ce chapitre à la diffusion d’une forme particulière de savoir, le marketing social, qui est le produit, autant qu’il contribue à l’approfondir, d’un mouvement de focalisation de l’action publique sur les individus et se présente autant comme une science du comportement que comme une science de gouvernement de ces comportements. Nous nous intéressons à la structure d’opportunité discursive et institutionnelle favorable à sa diffusion, mais aussi aux mécanismes plus contingents qui expliquent sa pénétration sélective.

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"Jusqu’où et à quelles conditions avons-nous encore la capacité collective de maîtriser le monde aujourd’hui ?" Telle est la question à laquelle Pierre Muller entend répondre dans cet ouvrage à partir d’un retour réflexif sur l’ensemble de ses travaux sur les politiques publiques. (premier paragraphe)

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En France, la question de l’obésité infantile s’est progressivement installée comme un problème de santé publique depuis les années 2000. Une série de mesures politiques ont été prises pour endiguer ce qui est alors perçu comme un enjeu majeur… sans clore le débat concernant les causes de la « nouvelle maladie ». La réponse publique se construit autour de l’éducation pour la santé, éducation à l’alimentation et promotion de l’activité physique, et de l’action législative. La publicité télévisée pour les produits jugés « trop gras, trop sucrés, trop salés » a été alors portée sur la scène publique comme l’une des causes majeures de cette prétendue épidémie. Interdiction ou autorégulation ? La controverse fait toujours rage. Alors que les études se montrent relativement prudentes concernant l’impact de la publicité alimentaire sur l’obésité infantile, comment se fait-il que cette publicité soit toujours mise en accusation ? Une controverse médiatique naît sur la base d’interprétations hâtives voire de lectures biaisées de quelques-unes des études épidémiologiques… La question que pose l’auteur pourrait être la suivante : A qui profite le doute ? (Résumé éditeur)

Le service civique est un dispositif national créé en mai 2010 visant à favoriser l’engagement citoyen des jeunes de 16 à 25 ans. Héritier des volontariats civils, puis du service civil volontaire, il est porteur de valeurs symboliques fortes qui s’apparentent aux anciennes fonctions sociales et politiques attribuées à la conscription. Si les associations sont les principales structures d’accueil des volontaires, un nombre croissant de collectivités territoriales sollicite un agrément ou établisse un partenariat avec une association agréée. Alors que le service civique est un dispositif incitatif qui ne relève pas des missions des collectivités territoriales, comment comprendre leur engagement dans sa mise en œuvre ? À partir d’une enquête réalisée en 2011 auprès de quatre collectivités territoriales et de l’association Unis-Cité, cet article vise à analyser les justifications, tant symboliques qu’organisationnelles, de cet engagement. Il montre que la flexibilité du service civique, véritable objet-frontière, révèle des appropriations multiples, entre logiques d’affichage politique et choix d’un modèle d’intervention.

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La fin des années 2000 est marquée par la publicisation de savoirs présentés comme innovants pour « changer les comportements » en matière de nutrition : le marketing social, le « nudge » et les neurosciences. Mais en dépit des annonces politiques et d’expertises enthousiastes, ces savoirs ne sont pas finalement traduits dans l’action publique. Ce paradoxe s’explique par trois raisons, relatives aux savoirs, au domaine de l’expertise nutritionnelle et enfin à l’espace de la politique publique en nutrition. Tout d’abord, ces savoirs comportementaux ne sont pas utilisés car ils ne sont pas formalisés et ne s’inscrivent dans des organisations procéduralisées. Deuxièmement, pour qu’un savoir produise des effets, il faut non seulement que des acteurs s’en emparent mais qu’il y ait les conditions structurelles pour imposer une définition du problème à résoudre. L’institutionnalisation de l’expertise joue un rôle déterminant dans le contrôle de la définition des problèmes ainsi que la production et certification des experts légitimes. Or, la relative nouveauté du domaine d’expertise en nutrition crée des conditions favorables à l’émergence de savoirs hétérogènes non régulés et à l’absence de stabilisation de la définition d’un problème de la nutrition. Autrement dit, ce qu’il s’agit de combattre demeure flou. Enfin, il n’y a pas de définition acceptée du problème car le champ de la politique publique est fortement concurrentiel. Les savoirs comportementaux intéressent moins pour leur contenu que pour les usages stratégiques variés dont ils font l’objet. Leur valorisation vise davantage à contester d’autres formes de savoirs et d’acteurs et à se légitimer qu’à transformer l’action publique. Ils s’inscrivent dans des rapports de force.

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Ce rapport s'interroge sur les implications de la transformation des pratiques de fonctionnement sur la gouvernance des universités : "les services centraux ressortent-ils affaiblis ou renforcés ? Les processus de décision ont-ils été rationalisés et selon quels principes ? Les responsabilités ont-elles été décentralisées ou centralisées ?" (Extrait de l'Introduction)