Type
Article
Titre
Citoyens de papier : des écritures bureaucratiques de soi en Afrique
Dans
Genèses
Auteur(s)
AWENENGO DALBERTO Séverine - Institut des Mondes Africains (Auteur)
BANEGAS Richard - Centre de recherches internationales (Auteur)
Éditeur
FR : Editions Belin
Numéro
112
Pages
3 - 11 p.
ISSN
11553219
DOI
10.3917/gen.112.0003
Mots clés
papier d'identité, réfugiés, Afrique
Résumé
FR
Depuis 2015, la crise des réfugiés a replacé la question de l’identification des personnes au centre de l’attention publique en Europe et ailleurs dans le monde. Les harraga « brûleurs » de papiers et de frontières, qui tentent de gagner Lampedusa, sont tenus de se faire enregistrer dans les hot spots que la forteresse européenne dresse en son limes méditerranéen et désormais saharien ; leurs empreintes et données biométriques sont consignées dans les registres de Frontex qui permettent ensuite aux polices européennes de renvoyer les « Dublinés » dans le pays où ils ont laissé une trace de leur passage, sinon de leur identité ; aux guichets des administrations, les demandeurs d’asile endurent les épreuves du récit d’attestation identitaire traçant la frontière entre les ayant-droit et les autres (Spire 2005 ; Beneduce 2015 ; Mazouz 2017) ; jusqu’aux corps anonymes, échoués sur les côtes italiennes ou marocaines, dont certains militants s’attachent à retrouver le nom, car un « corps sans papiers est un cercueil sans État » (citation extraite des travaux en cours d’Alimou Diallo ; voir aussi Ritaine 2015 ; Programme Babels 2017). La crainte des attentats terroristes a bien sûr décuplé l’obsession sécuritaire du filtrage des individus et de la surveillance des mobilités, jetant le doute sur tout document susceptible de certifier l’identité légale des personnes. Surtout lorsque celles-ci arrivent d’un pays du Sud global et d’Afrique en particulier. (Premier paragraphe)

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT