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Aurait-on assisté au grand soir de la santé mentale aux États-Unis ? Lors du premier face à face entre les deux principaux candidats à l’élection présidentielle américaine, le 26 septembre, Hillary Clinton a dénoncé les discriminations dont sont victimes les personnes touchées par des troubles psychiques. Celles qu'on désigne, trop souvent, sous le terme de « fous ». Alors que la campagne nous offre un spectacle affligeant de bassesse, cette sortie de la candidate démocrate n’a peut-être pas suscité toute l’attention qu’elle mérite. [Premier paragraphe]

in Revue française des affaires sociales Publié en 2016-06
MARQUES Ana
SAETTA Sébastien
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L’injonction de soins et le programme de soins constituent deux formules de soins récentes fondées sur un principe de contrainte hors les murs. Elles ont également en commun d’avoir été instaurées dans un contexte de valorisation des droits des patients et de « juridicisation » des normes sociales, et d’être ainsi encadrées par un ensemble de règles et d’écrits en situation. Cet article propose de les mettre en évidence et d’analyser la façon dont ces cadres normatifs et ces contextes de régulation articulent les notions de contrainte et de consentement. Il s’agit d’être particulièrement attentif, au sein de ces deux axes d’analyse, à la façon dont des écrits, en situation, participent à une rematérialisation de la contrainte. Des différences sont toutefois à noter entre les deux mesures. La régulation du programme de soins dans les lois de 2011 et 2013 va dans le sens d’une affirmation des droits des patients. Ceux-ci sont en revanche introduits plus timidement dans le cadre de l’injonction de soins, où le contrôle des patients est plus important.

in Questions d'économie de la santé Publié en 2015-01
COLDEFY Magali
TARTOUR Tonya
NESTRIGUE Clément
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S’appuyant sur les données du Recueil d’informations médicalisées en psychiatrie (Rim-P), cette étude sur les soins sans consentement après la loi du 5 juillet 2011 fait suite à un premier état des lieux sur l’année 2010, précédant la loi*. Cette loi, modifiée en septembre 2013, vise à faire évoluer l’exercice des soins sous contrainte en psychiatrie : l’hospitalisation à temps plein n’y est plus la seule modalité de prise en charge, un nouveau mode légal de soins est introduit avec les soins en cas de péril imminent et l’intervention d’un juge des libertés et de la détention (JLD) est désormais prévue dans ce cadre. Cette étude présente des premiers résultats, l’année suivant la mise en place de la loi, son déploiement sur le territoire, et explore l’impact sur la prise en charge des patients. Elle se concentre essentiellement sur deux volets de la loi : les programmes de soins et les soins en cas de péril imminent. L’objectif est de décrire les modifications consécutives à la loi et de mesurer l’activité en psychiatrie en répondant à différentes questions : Comment caractériser l’évolution du recours à la contrainte ? Dans quelle mesure les établissements de santé recourent-ils aux nouvelles modalités de prise en charge proposées par la loi ? Quel est le contenu des programmes de soins ? Quels patients en bénéficient ? Cette réforme a-t-elle amélioré l’accès et la continuité des soins des personnes dont les troubles psychiques peuvent altérer temporairement la conscience du trouble ou du besoin de soins psychiatriques ?

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Cette contribution s'intéresse au passage parles urgences psychiatriques comme sas d'entrée à l'hôpital en mesure de soins sans consentement. Il s'agit d'une fenêtre, certes réduite en termes de temps, mais dont la crucialité et intérêt analytique résident dans le nombre de patients qui partagent cette expérience (environ 70 000 passages par an dans le service observé) et dans le caractère décisif de l'orientation qui en découle. Malgré l'empressement apparent des décisions d'hospitalisation, par rapport au basculement de la trajectoire de vie qu'elle suppose, la décision d'admission est la résolution finale arrivant au bout d'une chaîne d'évaluations. Nous analysons ici les domaines d'évaluation et les critères de décision des médecins et leurs équipes.