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in La France, une puissance contrariée. L'état du monde 2022 Edited by BADIE Bertrand, VIDAL Dominique Publication date 2021-09-01
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Adopté le 12 décembre 2015, à l’issue de deux semaines d’intenses discussions organisées dans le cadre de la 21e Conférence sur les changements climatiques (COP21), l’accord de Paris apparaît comme un important succès pour la diplomatie française. Celle-ci s’active en coulisse depuis plusieurs mois autour de l’ambassadrice chargée des négociations, Laurence Tubiana, pour bâtir un consensus entre les États parties et capitaliser sur les volontés d’entente exprimées par les États-Unis et la Chine.

Dans ses rapports publiés en 2019, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que le changement climatique pourrait accélérer ou intensifier certains risques sécuritaires dans le monde. Ce lien entre climat et sécurité est également mis en avant par plusieurs centres de recherche étatsuniens et européens, en particulier dans des travaux financés par le secteur de la défense depuis le début des années 2010. Ces équipes d’experts ont en effet publié un nombre croissant de rapports qui étudient l’impact du changement climatique sur les missions des forces armées. Or, depuis peu, ils ne se contentent plus de répondre à des appels d’offre publiés par les organisations de défense, mais se rassemblent dans de nouveaux réseaux internationaux. Dans cet article, nous montrons que ces réseaux d’experts participent aux négociations internationales au sein de plusieurs forums consacrés à la sécurité et au climat, afin d’imposer une lecture sécuritaire et militaire du changement climatique. Nous étudions en particulier le cas de l’International Military Council on Climate and Security (IMCCS), et son implication dans deux forums de négociations internationales (la Planetary Security Initiative et la Conférence de Munich sur la Sécurité). Cette contribution s’appuie sur une série d’entretiens réalisés à Paris, Washington et La Haye auprès d’experts étatsuniens et français, ainsi que sur une analyse d’archives institutionnelles.

À partir des cas de la France et des États-Unis, cette thèse montre que l’incorporation des enjeux écologiques dans les politiques de défense dépend des manières de définir la responsabilité environnementale et climatique et de l’attribuer aux forces armées. Le premier type de responsabilité, issu de la tradition de la guerre juste et du droit de la guerre, est défini comme l’obligation de limiter les destructions et les pollutions. Elle est attribuée par des victimes, des scientifiques et des juristes qui demandent des comptes aux organisations de défense pour les dommages écologiques causés en temps de guerre et de paix. Cette responsabilité n’est inscrite que tardivement et de manière limitée dans les doctrines militaires. Le deuxième type de responsabilité, issu d’une synthèse entre la norme stratégique de précision et le développement durable, est défini comme l’obligation d’économiser l’emploi de la force. Elle est issue d’une démarche de responsabilisation des organisations de défense, qui prend la forme d’un investissement dans des technologies et des équipements plus performants et alimentés par des énergies renouvelables. Cette exigence peine à dépasser le cadre de l’expérimentation. Le troisième type de responsabilité, issu de la synthèse entre l’adaptation climatique et l’anticipation stratégique, est la responsabilité d’anticiper et de prévenir les risques climatiques. Elle est issue de la réflexion prospective et géostratégique sur les implications du changement climatique pour la sécurité nationale. Elle représente le type de responsabilité le mieux intégré dans les politiques de défense, et en particulier dans les doctrines stratégiques qui accordent une place de plus en plus importante à l’emploi des forces armées dans le renforcement de la résilience climatique des sociétés.

Publication date 2020-10-07 Collection Cursus : Science politique
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Depuis la fin du XIXe siècle, la planète connaît un bouleversement écologique sans précédent causé par l’activité humaine. Cette crise nous oblige à repenser notre agir et à envisager une transformation de notre manière de faire de la politique. Cet ouvrage propose de découvrir les principales théories politiques et morales qui ont été élaborées pour faire face à cette nouvelle réalité et imaginer de nouvelles formes de vie en commun (éthique environnementale, critique de la technique, écologie radicale, démocratie écologique, etc.). L’étude de ces différentes propositions permet d’aborder un certain nombre de questions qui sont au coeur des débats politiques contemporains : quelles obligations morales avons-nous envers la nature et le vivant ? Faut-il reconnaître un crime d’écocide ? Lutter contre l’idéologie du progrès technique et inventer de nouvelles formes de vie plus résilientes et respectueuses de l’environnement ? Réaffirmer l’importance du principe de précaution dans l’action publique ? Ou encore proposer un nouveau contrat social et écologique qui inclurait les formes de vie non humaines et les générations futures ?

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This article studies the process of climatization of the French military initiated with the 21st Conference of the Parties in 2015 through an analysis of the discourses produced by military actors on climate change. I will argue that there are two ways in which the climatization of the military discourse operates. First, it leads to a reframing of existing security narratives such as migrations or armed conflicts through a climatic lens, which creates a sense of urgency and intensity. Second, the climatization of the military discourse is mediated by a riskification of climate change, through the adoption of a risk-based approach to prevent its security implications. It creates a sense of uncertainty and leads to the climatization of a growing number of security issues such as terrorism or illegal fisheries. Both processes contribute to legitimize military solutions in global climate governance and expand the scope of intervention of the armed forces.

La reconnaissance de l’environnement comme victime de guerre, à la suite de l’engagement américain au Vietnam, a stimulé l’étude de l’impact environnemental des conflits modernes au niveau international et son inscription dans le droit international humanitaire. Pourtant, à de rares exceptions près, l’éthique de la guerre accorde peu d’attention à cette dimension de la conflictualité, alors même que les auteurs de la tradition de la guerre juste ont été parmi les premiers à l’intégrer dans leurs traités moraux, dès la fin du 15e siècle. Dans cet article, il s’agit de montrer que ces auteurs justifient la protection de l’environnement en temps de guerre de manière utilitariste et conséquentialiste, mais aussi que l’éthique de la vertu complète de manière efficace ces arguments. Ce travail suppose de s’intéresser tour à tour aux différents critères moraux que cette tradition pose dans le cadre du jus in bello : la discrimination, la proportionnalité, le dernier recours et le double effet.

in L'Enjeu mondial. Guerres et conflits armés au XXIe siècle Edited by PELOPIDAS Benoît, RAMEL Frédéric Publication date 2018-10-11
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L’inflation contemporaine des usages du terme de lawfare dans la littérature en relations internationales a contribué à diluer son sens et à créer la confusion autour de sa signification. Une mise en perspective historique sur les conditions de formation de ce concept de « droit comme arme de guerre » permet de saisir les phénomènes politiques, juridiques et stratégiques auxquels il se réfère.

Plan de l'article : La mise à l’agenda des problématiques environnementales et climatiques à la fin de la guerre froide La conversion de la communauté de défense américaine La France en retrait L’institutionnalisation des problématiques climatiques Le rôle précurseur des États-Unis En France, un processus en cours De l’anticipation à la protection, quels défis à relever ? De nouvelles menaces d’origine climatique ? Moderniser les équipements Vers une multiplication des interventions ?

in Revue française de science politique Publication date 2018-04
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Compte rendu de l'ouvrage de Thierry Balzacq, Théories de la sécurité. Les approches critiques, Paris, Presses de Sciences Po, 2016, 506 p.