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in La Santé en action : la revue de Santé publique France Publié en 2017-09
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Les étudiants hommes sages‑femmes choisissent ce cursus pour des raisons variées : intérêt pour la profession, souci de stabilité professionnelle, souhait d’ascension sociale ou encore stratégie pour rejoindre, à terme, une autre formation.

En s’engageant dans des études « féminines », les étudiants hommes sages-femmes sont susceptibles d’être affectés par différents mécanismes de socialisation secondaire masculine, émanant du groupe étudiant notamment. Au contact de ce groupe particulier, deviennent-ils de « nouveaux » hommes ? À partir d’observations menées au sein de trois écoles de sage-femme et d’entretiens conduits auprès de vingt-deux étudiants hommes, j’argumente que leur présence dans ce groupe implique non seulement des adaptations et des transformations de leur part, mais permet aussi de souligner une pluralité de masculinités (Connell, 2014). Dans une perspective d’étude des formes de socialisation continue (Darmon, 2006), je montre que la façon dont ces hommes s’approprient cette socialisation et recomposent alors leurs pratiques masculines dépend largement de leur socialisation primaire en termes de genre, et, de façon moindre et en partie liée, de la manière dont ils ont construit leur orientation vers la maïeutique.

Quels facteurs encouragent certains garçons à s’orienter vers des filières « de filles » dans l’enseignement supérieur ? Comment ces étudiants se (re)définissent-ils en tant qu’ « hommes » ? S’appuyant sur les études de genre et sur la sociologie de l’éducation et des professions, cette communication présentera le cadre, les hypothèses et les premiers résultats d’un travail qualitatif en cours portant sur les minorités masculines dans deux types de parcours : école de sage-femme et formations au travail social.

Si la recherche s’est intéressée à la formation des familles homoparentales et au développement de leurs enfants, très peu de travaux se sont interrogés sur la manière dont ces derniers gèrent leur situation familiale en milieu scolaire. Pourtant, l’école est vectrice d’hétéronormativité, ce qui soulève de nombreuses questions quant aux attitudes que ces enfants y adoptent : comment y font-ils état de leur situation familiale ? À partir d’entretiens menés en France auprès de 13 filles et garçons âgés de 10 à 19 ans et issus de familles homoparentales de configurations diverses, j’analyse la « (non-)publicisation » de l’atypisme familial dans sa dimension temporelle en la considérant comme une « carrière » séquencée par les différents paliers scolaires traversés. Correspondant à des contextes normatifs bien différents, ces paliers impliquent des manières précises et distinctes de percevoir et donc de publiciser sa famille. Ainsi, l’école élémentaire (de 6 à 11 ans environ) est un espace peu normé par les groupes de pairs dans lequel l’homoparentalité n’est pas perçue comme un stigmate, ce qui explique une large publicisation de la situation familiale. Au collège (de 11 à 15 ans) en revanche, les normes des groupes de pairs se renforcent et confèrent un caractère stigmatisant à cette situation, qui est alors publicisée auprès d’un petit nombre de camarades choisis et masquée à d’autres. Au lycée (de 15 à 18 ans) enfin, l’homoparentalité peut rester perçue comme un stigmate, mais celui-ci est souvent renversé dans une publicisation active de la situation familiale.

Much research has been carried out on the differences between study choices of girls and boys at different steps of their schooling, showing how influential gender norms are. On the contrary, few studies have examined “atypical” choices, particularly among boys. Yet, such choices may be a strategic point for observing gender norms. Which factors encourage male students to pick “female” tracks in higher education? How does this choice and their experience in the track (re)define their ways of behaving as “men”? Drawing on tools from sociology of education, sociology of professions and gender studies, this paper will present the framework, the hypotheses and some preliminary results of an ongoing qualitative research project on male students in two highly feminized tracks of the French higher education system: midwifery and social work.

in Les écoles et leur réputation. L’identité des établissements en contexte de marché Publié en 2016
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Les « journées portes ouvertes » (JPO) des institutions d’enseignement supérieur (IES) sont présentées par leurs organisateurs et par les divers prescripteurs intervenant auprès des futurs étudiants comme des occasions pour ces derniers de découvrir les offres de formation de différentes IES, de s'informer sur l'organisation des études, leur coût ou leurs débouchés professionnels ainsi que de demander des conseils concernant les procédures d'admission ou les attentes du corps professoral. Ces journées sont néanmoins aussi le lieu où prend place un processus social d'« appariement statutaire » (status matching) (Podolny, 1993) des établissements et des futurs usagers. Pour étudier ce processus, nous analysons dans ce chapitre des observations des JPO de 9 IES situées dans l’espace francilien.

Les « journées portes ouvertes » (JPO) des institutions d’enseignement supérieur (IES) sont présentées par leurs organisateurs et par les divers prescripteurs intervenant auprès des futurs étudiants comme des occasions pour ces derniers de découvrir les offres de formation de différentes IES, de s'informer sur l'organisation des études, leur coût ou leurs débouchés professionnels ainsi que de demander des conseils concernant les procédures d'admission ou les attentes du corps professoral. Ces journées sont néanmoins aussi le lieu où prend place un processus social d'« appariement statutaire » (status matching) (Podolny, 1993) des établissements et des futurs usagers. [Premier praragraphe du working paper]

This article focuses on differences between French secondary schools regarding how students are channelled into higher education (HE) and the impact of these processes on educational inequalities. The concept of channelling is used to analyse how school professionals adapt their guidance practices according to both students' academic and social status and their predicted futures. Drawing on ethnographic data from two schools in Paris, we provide a detailed examination of school professionals' discourses and of institutional devices orienting students' higher education choices. The interpretations involve four different themes: how and how much school professionals engage with the transition to HE; the explicit and implicit messages regarding HE guidance present in their words and actions; the routes they encourage students to take or to avoid; and the rationale behind these practices. The conclusions emphasise the inequalities across schools in terms of the amount and type of attention that students receive and the kind of educational horizons that are presented to them.

in Des jeunes à la marge ? Transgressions des sexes et conformité de genre dans les groupes juvéniles Publié en 2019-02
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Si les filles ont rattrapé puis dépassé scolairement les garçons tout au long du XXe siècle, les orientations dans l'enseignement secondaire et supérieur restent très sexuées. Il semble alors pertinent de se pencher sur le cas de personnes qui font des choix d'études atypiques : les filles / femmes dans des domaines "masculins" ou des garçons / hommes dans des domaines "féminins" sont susceptibles de constituer un point d'observation stratégique sur les normes de genre. Les recherches s'inscrivant dans cette perspective se sont notamment intéressées à l'intégration et aux attentes exprimées vis-à-vis de telles personnes dans des groupes de pairs composés majoritairement de membres de l'autre groupe de sexe, soulignant les renforcements et les recompositions locales du genre qu'elle permettent de mettre en évidence. Le cas des étudiants homme assistants de service social permet de prolonger ces recherches.

Because they imply quasi-permanent physical interactions with users, midwifery and social work are two occupations in which the bodies of professionals play a key role (Dubois, 2010) and which call for a significant emotional labor (Hochschild, 1983). In this paper, I focus on the consequences this aspect has on students in midwifery and social work study tracks: how do the institutional discourses and practices shape their bodies and emotions as a central element of their education (Becker et al., 2003)? How does this contribute to (re)producing inequalities between male and female students (Boni-Le Goff, 2013)? Drawing on 120 interviews (students, teachers, internship supervisors) and 400 hours of observations (classes, internships, team meetings, student sociability) conducted in two midwifery and two social work schools in France, I develop my analysis in three points: I compare the ways in which students’ bodies and emotions are educated in these two tracks. Because they are both highly feminized tracks which require competences seen as “natural” to women, students are encouraged to express “feminine” emotions such as empathy and tenderness. They are however discouraged to develop “too feminine” body characteristics such as wearing strong make-up or figure-accentuating clothes. There is nonetheless an important difference in the ways they are asked to present themselves to users: midwifery students are educated to become exchangeable health professionals while social work students are pushed to become personalized interlocutors. I show next how the few male students are considered in this process: being encouraged to develop their “manly” physical and moral assets, they are given better learning opportunities than their female counterparts, which contributes to a “glass escalator” process (Williams, 1992). Finally, I present the resistances developed by a few male and female students against this shaping of their bodies and emotions. I analyze how these can contribute to redefining the study tracks and, therefore, the professions.

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