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in Migrants, migrations. 50 questions pour vous faire votre opinion Publié en 2016-09
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Ce chapitre interroge l'idée selon laquelle les pays européens ne seraient que des pays d'immigration en interrogeant les flux d'émigration de l'Europe.

La plupart des études quantitatives sur l’immigration en France font l’hypothèse implicite que les immigrés s’installent de façon permanente dans le pays de destination. Pourtant, beaucoup d’entre eux repartent, soit pour rentrer dans leur pays d’origine, soit pour se rendre dans un pays tiers. Cet article analyse ces mécanismes de remigration ainsi que leurs conséquences empiriques et méthodologiques pour l’étude du devenir des immigrés en France. Le large panel administratif de l’Échantillon démographique permanent donne l’opportunité d’examiner les sorties du territoire entre 1975 et 1999. Ces analyses montrent que les immigrés qui repartent sont caractérisés par des situations familiales et professionnelles spécifiques, ce qui pourrait affecter la validité des études sur l’intégration. En comparant l’évolution de l’accès à l’emploi des immigrés à partir d’estimations transversales et de panel, on montre néanmoins que les mesures standards de l’insertion professionnelle de ces derniers par rapport aux natifs sont peu biaisées par un phénomène de remigration sélective. Cette démarche méthodologique invite à interroger le postulat classique de la migration permanente quand on analyse quantitativement les processus d’intégration.

in Au-delà de la « crise des migrants » : décentrer le regard Publié en 2016-11
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Le débat politique sur l’immigration s’oriente principalement en France autour de deux questions : la maîtrise des flux migratoires entrants et l’intégration des immigrés. C’est ainsi faire l’hypothèse implicite que les immigrés s’installeraient de façon permanente dans le pays de destination. Pourtant, la recherche a montré que nombreux sont les immigrés qui choisissent de repartir, soit vers leur pays d’origine soit vers un pays tiers. L’OCDE estime que 20 à 50% des immigrés présents dans les pays de l’OCDE repartent dans les cinq années suivant leur arrivée. Étonnamment, les départs des immigrés – et le phénomène de l’émigration dans son ensemble – restent mal connus en France. En cause, une spécificité de l’appareil statistique français : l’absence de données sur les sorties du territoire. Ce manque de connaissances empiriques, allié à la tradition républicaine du modèle d’intégration, contribue à occulter l’importance de la re-migration dans l’analyse de l’immigration en France. Dans la lignée des recherches internationales sur les migrations, l’objectif de ce chapitre est de réintroduire la mobilité des migrants comme un enjeu central pour comprendre l’immigration en France. Ce faisant, il invite à nuancer l’image de vagues d’immigration définitives vers l’Europe au profit de « flux » migratoires.