Type
Communication non publiée
Titre
Devenir un autre homme ? Sociabilités étudiantes et recompositions des masculinités en formation de sage-femme et d’assistant de service social
Nom de la conférence
8èmes Rencontres Jeunesses et Sociétés
Date(s) de la conférence
2016-10-11 / 2016-10-14
Lieu de la conférence
École Normale Supérieure de Lyon., FRANCE
Mots clés
Socialisation continue , Choix d’orientation atypique, Filières d’études « féminines » , Groupe étudiant , Masculinités plurielles
Résumé
FR
Malgré la volonté de l’État français d’encourager la mixité des filières d’études dans un objectif d’égalité des chances entre filles et garçons (MENESR-DEPP 2016), de très fortes disparités entre les sexes perdurent dans les choix d’orientation (Vouillot 2011). Gageant que les exceptions statistiques constituent un point d’observation stratégique sur les normes (Mercklé 2005), je m’intéresse dans mes travaux à la présence d’hommes dans deux filières « féminines » de l’enseignement supérieur : sage-femme et assistant de service social. Dans cette communication, je me pencherai plus précisément sur la façon dont ces étudiants se (re)définissent, en tant qu’ « hommes », au sein de leur filière. De nombreux mécanismes de socialisation secondaire sont susceptibles de s’exercer sur eux au cours de leur formation, émanant notamment des équipes pédagogiques et des professionnel-le-s côtoyé-e-s en stage. Cependant, puisque c’est ce qui différencie le plus visiblement la période étudiante de la période professionnelle, je me concentrerai ici sur les groupes étudiants des deux filières et sur leur éventuelle action transformatrice sur les étudiants hommes. Au contact de ces groupes, ces derniers deviennent-ils de « nouveaux » hommes ? Raewyn Connell définit les masculinités comme des configurations de pratiques, socialement situées et construites de façon relative les unes par rapport aux autres (2014). C’est cette définition qui guidera mon analyse : je m’intéresserai à la façon dont différents étudiants hommes sages-femmes et assistants de service social, sous l’influence socialisatrice des groupes étudiants de ces filières, modifient – ou non – leurs pratiques genrées, recomposant ainsi leurs masculinités. Mon raisonnement s’organisera autour d’une hypothèse centrale : la présence d’hommes dans les formations de sage-femme et d’assistant-e de service social implique non seulement des adaptations et des transformations de leur part, mais permet aussi de mettre en évidence une pluralité de masculinités. Approchant cette question en termes de « socialisation continue » qui prend en compte « l’emboîtement des socialisations plus que leur simple succession ou juxtaposition » (Darmon 2006:112), et m’inscrivant dans une perspective intersectionnelle (Crenshaw 2005), je montrerai que la façon dont ces hommes s’approprient la socialisation du groupe étudiant dépend largement de leur socialisation primaire en termes de genre et de classe et, de façon moindre et en partie liée, de la manière dont ils ont construit leur orientation vers la maïeutique et l’assistance de service social. Après avoir exposé les cadres socialisateurs spécifiquement masculins déployés par les groupes étudiants de chacune des deux filières, j’analyserai les pratiques genrées des étudiants hommes en montrant comment, selon que leur présence au sein de leur groupe étudiant constitue une rupture ou une continuité par rapport à leurs expériences antérieures, ils investissent différentes formes de masculinités : « subordonnée », « pragmatique » ou « hégémonique » . Pour développer ces analyses, je m’appuierai sur 400 heures d’observation directe menées dans deux centres de formation en travail social et deux écoles de sages-femmes, en me concentrant plus particulièrement sur les moments de sociabilité étudiante tels que les pauses, les soirées ou encore les événements d’intégration. Je mobiliserai par ailleurs des entretiens semi-directifs conduits auprès de 60 étudiants et 28 étudiantes des deux filières.

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT