Type
Partie ou chapitre de livre
Titre
La question des générations : généalogie d’une notion
Dans
Temps et politique
Auteur(s)
ESCUDIER Alexandre - Centre de recherches politiques de Sciences Po (Auteur)
MUXEL Anne - (Directeur de publication ou de collection)
Éditeur
Paris : Presses de Sciences Po
Edition
Presses de la Fondation nationale des Sciences Politiques
Pages
87 - 104 p.
ISBN
9782724618303
Mots clés
Générations, Socialisation politique, Âge et politique
Résumé
FR
Avant d’être reprise et amplifiée – via Karl Mannheim – par les différentes branches de la sociologie, la question des « générations » s’est imposée en Allemagne à la fin du XIXe siècle dans les domaines de l’histoire intellectuelle (Wilhelm Dilthey) puis de l’histoire de l’art (Wilhelm Pinder). L’enjeu était alors d’identifier des moments, des traits spirituels communs ou des registres formels partagés par des groupes : « l’esprit du temps » en somme, mais décliné dans des champs empiriques limités – des groupes générationnels –, objectivables par les sciences humaines montantes, à partir de leurs manifestations intellectuelles, artistiques, voire religieuses. C’était là une manière de rompre avec la philosophie de l’histoire d’obédience hégélienne, moyennant le fil rouge universel de la Liberté. La dimension « générationnelle » occupe depuis une place de choix parmi les interrogations sur les temporalités ainsi que les formes de socialisation et politisation des individus. Dans cet article, on revient tout d’abord sur la généalogie intellectuelle de ce type de questionnement. On s’emploie ensuite à différencier analytiquement les aspects dissemblables du concept et du fait même des « générations », avec notamment : a) la génération au sens de succession et de décalage biologique (pères/fils) ; b) la génération au sens de socialisation spécifique partagée entre les pères d’un côté, entre les fils de l’autre, etc. ; c) la génération en un sens proprement politique : lorsque des événements politiques en viennent à structurer les attitudes et les consciences par-delà les deux déterminations générationnelles précédentes. On tente enfin de resituer l’interrogation sociologique sur les « générations » à l’intérieur d’une réflexion plus générale sur les temporalités de la socialisation politique.

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT