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CERI Sciences Po Research Professor Karoline Postel Vinay has been exploring for several years the concept of narratives of the global, through a de-centred (non-European) analysis of the international. What are narratives of the global, and why are there several narratives, sometimes competing? Where do regions stand in the global realm and are they an entity with a future? Karoline Postel Vinay answers our questions and helps us better grasp what history, also, has to do with the international. Interview by Miriam Périer, CERI.

in Le Monde d'aujourd'hui. Les sciences sociales au temps de la Covid Sous la direction de LAZAR Marc, PLANTIN Guillaume, RAGOT Xavier Publié en 2020-10-22
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La crise sanitaire constitue un « moment mondial » par son irruption simultanée et sa visibilité dans l’ensemble des nations. Cependant sa réalité pathologique, et ses effets socio-économiques varient considérablement à l’échelle du monde et à celle des sociétés. Par ailleurs les réponses nationales et internationales à la pandémie ont accentué les contradictions de l’hyper-connectivité mondiale (intégration renforcée vs. accroissement des inégalités et des effets d’exclusion), exacerbant un état global d’incertitude que Michael Spence qualifiait il y a déjà plus d’un an d’ « incertitude radicale » (radical uncertainty). Les incertitudes scientifiques liées à la nature du virus et de l’épidémie n’en constituent qu’une partie. La notion même d’ « incertitude » est un objet bien identifié par les sciences sociales, mais a peu mobilisé les relations internationales (RI), sauf en association avec la sociologie du risque (U. Beck) ou de manière fugitive dans les approches critiques de la sécurité. L’omniprésence de l’incertitude dans le déroulement de la pandémie apporte un nouvel éclairage au rôle des récits géopolitiques, et en l’occurrence aux multiples mises en récit de ce « moment mondial ». Depuis quelques années l’analyse diplomatique évoque une « bataille des narratifs », ou « narrative wars » pour décrire une forme de rapport de force de plus en plus manifeste dans l’élaboration des agendas internationaux. J’ai pour ma part utilisé l’expression « récits et contre-récits géopolitiques » autour du 11 Septembre 2001. La capacité d’élaborer et d’imposer un récit géopolitique devient un attribut de la puissance, comme en attestent la volonté explicite de la Chine de se doter d’un « pouvoir narratif » (littéralement « un pouvoir de la parole » huayuquan), ou à l’inverse la carence narrative chronique de l’Union Européenne. Aujourd’hui cet enjeu de puissance entre en résonance avec la nécessité d’ajuster la gouvernance internationale à un nouveau degré d’incertitude, qui constitue entre autres un défi narratif. En témoigne la concurrence narrative accrue, multiforme, et aussi assumée, à l’instar de Josep Borrell début mai 2020, qu’on observe depuis la déclaration officielle de pandémie par l’OMS. Or si cette concurrence est incontestablement à fois l’effet et la cause d’une coopération dégradée, on ne doit pas perdre de vue qu’elle est aussi le reflet d’une pluralité de fait de la scène internationale. C’est précisément parce qu’une forme de coopération internationale doit être maintenue dans cette période d’incertitude radicale qu’il peut être utile de ne pas limiter l’analyse des récits à celle d’un simple rapport de pouvoir. L’intérêt d’une approche narrative des relations internationales, et plus spécifiquement de l’ordre international, est aussi de montrer qu’une très grande diversité de récits, plus ou moins contradictoires, coexistent dans un même espace de décision. A un moment où, après le choc de la pandémie, les représentations du «monde d’après » tiennent plus de la prescription que de la prévision, la prise en compte de cette diversité semble plus que jamais nécessaire.

in International Organisations Research Journal Publié en 2020-10
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Since the late 19th century, the international scene has witnessed several waves of globalization that have transformed regulation and cooperation between nations. The current wave – that economists have defined as “globalization 4.0” – is shaped by an industrial revolution that combines digital, physical and biological transformations. Digital technology has a deep structural impact on public and private goods such as health, education, transportation or energy, which changes the terms of the global condition. It disrupts both the organization of societies and the relation between individuals and globalization. Compared to previous waves of globalization, globalization 4.0 affects the international system and runs throughout the global social fabric by increasing throughout the world the level of inequalities and by triggering subsequent polarization and fragmentation. In this global context, our current modes of cooperation and regulation are facing growing issues of legitimacy and efficiency, that are not entirely new, but that are now becoming particularly acute. Those issues of legitimacy and efficiency are furthermore complicated by a shared experience of disconnection from globalization – the rise of the globalization’s so-called “left-behinds” – that could be characterized as a form of anomy at the international level. This complex challenge has not yet been fully embraced by the major institutions of global governance. There have been however responses at the sub-global level: connectivity politics, launched by China and followed by the European Union, is one illustration of the new paths that might be taken by global policy makers.

in The Multidimensionality of Regions in World Politics Sous la direction de KOHLENBERG Paul J, GODEHARDT Nadine Publié en 2020-09-18
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The need to historicise and at least localise, if not spatialise, International Relations (IR) theory has been one of the impetuses of Critical IR. Yet the formation of international regions and the characterisation of what “a region” — a time-space object par excellence — actually is, remain largely unsolved questions, despite the considerable body of works on international regionalism engendered by the field of IR. What looks increasingly like an impasse, that is, the improbable quest to define international regions, as such, derives most likely from the “territorial trap” exposed and in John Agnew’s eponymous and seminal article in 1994. The geographical assumptions of IR that form this “territorial trap,” and notably the “domestic/foreign polarity,” translates not only into a supposedly sealed national/international divide, but also into the fact that any entity that is neither national nor international can seemingly only be defined as “something in-between,” as opposed to an entity with its own characteristics and raison d’être. There appears to be no alternative to the definition of international regions other than as entities sandwiched in-between the nation and the world of nations. This could be called the “in-betweenness trap.” The present chapter hopes to offer a way around it.

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With the Covid-19 pandemic, the fragility and vulnerability of the liberal international order became globally visible in an instant. Aspects of everyday life and especially our taken-for-granted views of connectedness have been disrupted in Asia, Europe, and beyond. The pandemic and, more importantly, the political reactions to it, in many ways again underpin the geopolitical significance of connectivity in world politics. This link between geopolitics and connectivity becomes most obvious in a couple of successive initiatives in East Asia and the EU that illustrate the geopolitical turn of connectivity politics in the last decade. What different actors mean by connectivity matters more than ever; getting to the bottom of those meanings gives insights about what geopolitics contains today.

in The Global Governance Project Publié en 2020-06-19
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In the face of a global pandemic, the G7 this year will hark back to its erstwhile status as a crisis group – but it must still address the pressing issues that weave an unbroken thread through the annual summits.

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Selon le site du gouvernement français, le 8 mai est un jour férié « en mémoire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de ses combattants ». Pourtant, le 8 mai 1945 n’est la clôture que d’un seul des deux grands théâtres militaires du conflit, celui de l’Europe. La fin des hostilités en Asie a eu lieu trois mois plus tard, avec la capitulation du Japon le 15 août. Il est probable que cette formulation officielle française relève non pas d’une méconnaissance factuelle, mais plutôt d’une volonté de donner à un moment marquant de l’histoire européenne une portée universelle. Or une telle volonté, tout en étant fortement légitime, n’est pas sans poser question.

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Les pandémies révèlent à la fois l’étendue et les limites de nos savoirs scientifiques. Dans un sens, la crise sanitaire actuelle est difficilement comparable aux pandémies des siècles précédents - celle du choléra ou celle de la « grippe espagnole » - tant ont été gigantesques les progrès de la médecine et donc l’écart entre l’expertise d’hier et celle d’aujourd’hui. Cependant hier comme aujourd’hui, la maladie se répand plus vite que ne se développe le savoir, quand bien même celui-ci est stimulé par une situation d’urgence. Face à la troisième pandémie de coronavirus en moins de vingt ans (celle du SRAS-CoV en 2003, du MERS-CoV en 2012, et à présent celle du SRAS-CoV-2 ou Covid-19) la recherche d’un vaccin est relancée mais reste hypothétique. En l’absence d’un moyen sûr d’éradiquer la maladie ou tout au moins de la freiner, comme le fait la trithérapie qui repousse le Sida, les incertitudes s’accumulent. Les questions fondamentales - comment prévenir et guérir au mieux ? - renvoient à d’autres interrogations sur la nature du virus, sur sa mobilité, sa résilience, son éventuelle évolution. Autant d’incertitudes qui ouvrent des zones de doutes mais aussi de controverses et de fantasmes qui constituent de vastes terrains vagues où peuvent proliférer, hier comme aujourd’hui, superstitions, rumeurs et "fake news".

in EspacesTemps.net Publié en 2020-03-05
LUCKEN Michael
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Nos sociétés apparaissent de plus en plus polarisées entre le camp des tenants de la « dé-mondialisation » et celui des inconditionnels du globalisme. Une telle polarisation occulte, en la caricaturant, la complexité du défi de la pluralité humaine et engendre un dilemme en partie illusoire entre quête de la généralité et prise en compte des particularités. Dans les sciences humaines et sociales, ce dilemme prend notamment la forme d’un débat récurrent sur la relation entre les disciplines dites « généralistes » et les « aires culturelles ». Dépasser ce dilemme, en considérant l’étude des aires comme méthode, voire comme pratique du savoir, offre un moyen pour reconcevoir la question de la diversité humaine dans ses multiples expressions, y compris dans sa relation avec la nature.

La thèse porte sur les relations de pouvoir autour des communs environnementaux en Bolivie et en Equateur au début de ce siècle. La période étudiée court du début des années 2000 à 2014-2015. Le point nodal du travail consiste à étudier les interactions entre la conflictualité socio-écologique des espaces amazoniens dans ces deux pays avec les projections internationales menées par les gouvernements de Rafael Correa en Equateur, et d’Evo Morales en Bolivie. En effet, la question écologique est devenue centrale dans les récits diplomatiques de ces deux gouvernements, élément crucial de leurs politiques d’influence internationale. Les deux premières parties de la thèse sont consacrées aux modalités de projection internationale des deux diplomaties, et au rattrapage de l’autonomie politique de ces pays périphériques, rattrapage inscrit dans les rapports de pouvoir écologique. Les conclusions tirées de ce rattrapage des dynamiques politiques invitent à penser un cadre général d’analyse des relations de pouvoir écologique, dont la robustesse pourrait être éprouvée par la suite. C’est le cœur de la troisième partie de la thèse. J’y propose le concept d’éco-pouvoir, qui déterminerait, du fait de la réalité structurante de l’anthropocène, des configurations et des dynamiques de pouvoir absolument neuves. Les tensions autour de l’autonomie indigène, la souveraineté nationale de ces Etats périphériques, la justice climatique sont observées à travers ce prisme. L’éco-pouvoir y est défini comme pouvoir polycentrique de vie et de mort sur l’espèce, dont l’instauration et la force d’inertie dépendent foncièrement de l’imposition d’une représentation univoque de l’espace et du temps.

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