Co-auteur
  • FORSE Michel (25)
  • SÉNAC Réjane (2)
  • GUIBET LAFAYE Caroline (2)
  • GALLAND Olivier (1)
  • Voir plus
Type de Document
  • Article (23)
  • Livre (5)
  • Partie ou chapitre de livre (5)
  • Working paper (3)
  • Voir plus
in Les Français face aux inégalités et à la justice sociale Publié en 2011-03
8
vues

0
téléchargements
Pour mieux connaître les sentiments de justice des Français, il leur a été demandé d'évaluer le degré d'injustice de diverses situations. Dans l'ensemble, leurs jugements sont plutôt consensuels et, s'il y a bien quelques clivages, ceux-ci ne sont pas marqués au point d'y voir une opposition entre des visions du monde, des idéologies. Les sentiments d'injustice sont particulièrement prononcés et quasi unanimes sur les questions de discriminations ou encore sur le fait de ne pas reconnaître les efforts d'un individu. Il n'en demeure pas moins quelques divergences, qui rejoignent souvent des différences de positionnement politique. La droite prend en général plus en compte l'ordre existant que la gauche et elle semble en être également plus respectueuse.

in Revue de l'OFCE Publié en 2006-07
1
vues

0
téléchargements
De nombreuses études sur la justice distributive montrent que les individus jugent que des biens sont répartis de manière juste ou injuste principalement à partir de trois critères: la garantie des besoins de base pour tous, la reconnaissance des mérites de chacun et la réduction des inégalités (notamment de revenus). Un des problèmes importants qui en résulte consiste à savoir si ces critères sont incompatibles ou si, au contraire, ils sont complémentaires et peuvent être combinés. Or, de cela, la théorie ne peut décider seule; il est au contraire nécessaire de s’enquérir ce qu’en pensent les citoyens eux-mêmes. De ce point de vue, l’Enquête européenne sur les valeurs, effectuée en 1999, fait clairement apparaître les priorités des Européens en matière de justice distributive. La première d’entre elles est sans conteste la garantie des besoins de base pour tous; ensuite, mais seulement en deuxième position, la reconnaissance des mérites de chacun; et enfin, en dernier lieu, l’élimination des grandes inégalités de revenus. Qui plus est, le consensus sur cette hiérarchie n’est pas sensible aux clivages nationaux, démographiques, sociaux, économiques, idéologiques ou politiques. Si ces différents clivages influencent incontestablement les opinions en matière de justice distributive, ils ne suffisent pas, à de rares exceptions près, à bouleverser cet ordre des priorités. Les critères usuels de justice distributive ne définissent donc pas des sphères hétérogènes, incompatibles ou concurrentes.

1
vues

0
téléchargements
La comparaison des enquêtes ISSP de 1999 et 2009 montre que la crise financière de 2008 n’a pas fortement bouleversé les perceptions qu’ont les Français des inégalités salariales, ni leurs souhaits de correction de celles-ci ou encore leur sentiment de justice concernant leur salaire. Pour l’essentiel, ils continuent de penser que les inégalités en France sont trop fortes, qu’il faut les réduire nettement et qu’ils ne sont pas payés à la hauteur de leur mérite. En même temps, sur la période considérée, le niveau des inégalités apparaît objectivement assez stable au sein de la plus grande partie de la population et seule une petite élite voit ses revenus s’envoler. La stabilité des opinions semble refléter fidèlement cet état de fait d’autant que, dans le détail, les Français semblent aussi assez conscients qu’il se passe quelque chose en haut de la pyramide, en particulier du côté des PDG. Aussi, dans l’ensemble, ils continuent de souhaiter que l’on corrige les inégalités salariales à peu près dans les mêmes proportions qu’il y a dix ans. Et lorsque les excès récents sont perçus, la demande consiste à les corriger d’autant.

in Revue internationale de sociologie Publié en 2009-07
4
vues

0
téléchargements
As far as distributive justice is concerned, an important issue is to know whether the different principles by which a given distribution of goods is judged fair or unfair are exclusive or complementary. The European Values Survey carried out in 1999 shows clearly the priorities of Europeans in this matter. The first concerns the guarantee that ‘basic needs are met for all’, then comes ‘recognizing people on their merits’ and finally ‘eliminating big inequalities in income’. The consensus on this hierarchy is not altered by national, demographical, social, economic or political divisions. These different divisions do indeed influence opinions on each criterion, but, with very few exceptions, they are not sufficient to upset this order of priorities. Thus, the usual applied principles of distributive justice do not define competing spheres. Their nested (or ‘lexical’) order is compatible with the purely procedural condition of ‘equal liberty’.

20
vues

20
téléchargements
La cohésion sociale semble être une notion trop vaste et trop pluridimensionnelle pour qu’il soit possible de s’en donner une définition précise. Elle désigne entre autres aussi bien des formes de participations citoyennes et sociales que des valeurs partagées, l’absence d’exclusion, la réduction des inégalités et de la ségrégation, voire des politiques sociales. Elle fait en outre l’objet de désaccords concernant les dimensions qu’elle devrait impérativement mettre en avant ou qu’elle ne devrait pas négliger ou au contraire qu’elle ferait mieux d’oublier. Paul Bernard (1999) en conclut qu’elle n’est qu’un « quasi-concept ». Elle serait si protéiforme et d’une géométrie tellement variable qu’elle ne pourrait échapper à l’inconsistance. Pour autant, sa position prend un tour plus positif lorsqu’il souligne qu’avec l’idée de cohésion sociale on s’efforce de faire tenir ensemble la liberté, l’égalité et la fraternité. Il considère de ce fait – au moins implicitement – que la cohésion sociale tient dans l’articulation de principes et de dimensions jugés essentiels pour faire société. En ramenant la notion à la devise républicaine française, il souligne d’ailleurs qu’elle n’est pas une idée nouvelle et que seuls les mots changent au gré des époques et des modes. Et de fait, on peut admettre que la cohésion sociale rend compte à peu de chose près de ce que l’on appelait la solidarité ou l’intégration sociale à l’époque de Léon Bourgeois (1896) ou d’Emile Durkheim. Quel que soit le vocabulaire, il s’agit fondamentalement de penser ce qui nous rassemble et comment nous continuons de nous rassembler en dépit de ce qui nous sépare. Qu’il faille réinterroger ce processus à la lumière des changements sociaux que nous connaissons est une chose, qu’il soit impossible de s’en donner une théorie cohérente en est une autre. C’est précisément cet objectif d’une théorie renouvelée que nous nous proposons d’atteindre avec cette étude et pour y parvenir, il nous semble nécessaire de repartir de l’analyse durkheimienne de la solidarité.

in Transatlantic Divide Publié en 2008-02
0
vues

0
téléchargements
Shared value are part of what is needed to make up a society. Continuing a society certainly implies the establishment of collective institutions and norms but they would have little political, social, or moral legitimacy if they were not based on shared values. To take this inot account, it is necessary to focus on the actors and their reasons; for example it is clear that there is no democracy in a country with no democrats. If we examine the social foundations of Europe in this way while allowing that it is not society like, say, the Uneted States, we can ask ourselves if Europe actually amounts to a society, or at least on its way to becoming one. In other words, is what Henri Mendras (1997) calls 'the Europeans' Europe' a reality or not? [First paragraph]

in Notes de blog de l'OFCE Publié en 2016-01
2
vues

0
téléchargements
Dans un court article sorti récemment, Thomas Hirschl et Mark Rank (2015) nous livrent quelques chiffres très étonnants sur la société américaine — chiffres qui, pris au sérieux, amèneraient à nettement relativiser les inégalités de revenus aux États-Unis. En effet, leur étude laisse entendre que la société américaine est beaucoup plus fluide qu’on ne le croit. Les Américains vivraient certes dans une société très inégalitaire mais, au cours de leur vie, la plupart des Américains feraient l’expérience de la richesse. Il y aurait, en réalité, un fort turnover entre les riches et les pauvres et ceci expliquerait pourquoi les Américains se montreraient aussi peu critiques à l’égard des inégalités. [Premier paragraphe]

1
vues

0
téléchargements
S’autodéterminer, c’est agir en connaissance de cause. Pour cela, il faut vouloir réaliser ses volontés dans le monde en faisant usage de sa raison, entendue comme cognition et réflexion – la première pour se représenter les moyens d’y parvenir et la seconde pour juger de la pertinence de ces moyens. Ce second aspect est toutefois négligé au sein des sciences sociales. La faculté de juger a eu tendance à y devenir le privilège du savant au lieu d’être au pouvoir de chacun. Cet article propose un modèle de la réflexion, qui s’articule autour de quatre moments jugés nécessaires : la distanciation, la qualification, la quantification et l’abstraction. Ce modèle s’inspire principalement de l’oeuvre de Fichte et trouve une application dans celle de Simmel sur la question des pathologies liées à l’usage de l’argent. Puisque réfléchir est une performance, il est en effet toujours possible d’échouer et, en ce cas, le modèle permet d’exhiber les différents modes d’échec. Dans un dernier temps, cela conduit à ébaucher une discussion critique du paradigme cognitif – la réflexion y apparaissant comme un point aveugle – puis à se pencher sur les conséquences du modèle quant à la controverse expliquer-comprendre.

8
vues

0
téléchargements
Le structuralisme a été le grand espoir de modernisation des sciences humaines. Sous la houlette, principalement, de Claude Lévi-Strauss en ethnologie, de Jacques Lacan en psychanalyse, de Roland Barthes en sémiologie, de Louis Althusser en sociologie (marxiste) et de Michel Foucault en histoire et en philosophie, ce mouvement intellectuel prend, dans la France des années 1950-1960, une ampleur telle qu'il bouleverse le paysage intellectuel et remanie en profondeur l'Université française. Puis, à partir des années 1970, l'ambitieux programme s'effondre, plus rapidement encore qu'il ne s'était imposé, et nourrit au passage une position hypercritique à l'égard de la modernité. Un demi-siècle après, il est temps de revenir sur cette aventure intellectuelle pour en comprendre l'engouement ainsi que les raisons de l'échec ; mais également pour expliquer sous et angle la singularité française et ses conséquences, puisqu'elles trouvent des prolongements jusqu'à aujourd'hui.

Ce n’est pas la même chose d’interroger les Français sur l’immigration ou la peine de mort par internet ou par téléphone. L’enquête post-électorale de la présidentielle 2012 du CEVIPOF permet de s’en rendre compte puisque les deux modes d’interrogation ont été utilisés sur la même période avec le même questionnaire et l’ambition, dans les deux cas, de fournir une image représentative de la population française. La comparaison des résultats est toutefois problématique. Non seulement chaque mode d’enquête introduit des biais d’échantillonnage différents et plus ou moins importants, mais encore les enquêtés ne répondent pas toujours de la même manière au téléphone et par internet. Pour certaines questions délicates, ils peuvent mentir à leur interlocuteur au téléphone, mais dire la vérité sur internet. Ils peuvent également se laisser aller au pessimisme et à la défiance devant leur écran, mais se montrer plus mesurés au téléphone. Mais il est clair néanmoins que toutes les questions ne sont pas égales en termes de fragilité de l’opinion. Les questions délicates sont loin d’être anodines : immigration, islam, peine de mort, homosexualité... Selon l’interprétation que l’on retiendra, on dira alors soit que l’opinion est pleine de non-dits et que, derrière des propos bienséants se cachent souvent la haine de l’étranger et la peur de l’autre ; soit que l’opinion est pleine de doutes et que, derrière des opinions tranchées, il y a matière à discussions – même si, par crainte d’être jugés, les protagonistes ne participent pas à ces débats en toute sérénité.

Suivant