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Les satisfactions qu’on peut tirer d’un animal de compagnie peuvent apparaître à un ménage, personne seule ou famille, qui n’en possède aucun et n’en a jamais possédé, sans commune mesure avec les contraintes qu’il impose et les coûts occasionnés par cette présence supplémentaire et pourtant près d’un ménage sur deux continue à en posséder. Pour expliquer cet attachement qui a résisté à la migration de la campagne vers la ville, aux difficultés économiques de l’emploi et aux transformations de la vie conjugale, les sociologues ont privilégié la relation symbolique à l’animal et les attentes largement inconscientes qu’entretient le maître à son égard (Héran, 1987 ; Yonnet, 1983). Nous proposons ici d’approcher ce phénomène sous un angle différent. Il n’est pas nécessairement en contradiction avec le précédent, mais il permet de faire ressortir des données importantes et originales, qui restent invisibles dans d’autres perspectives. Dans notre approche quantitative, nécessairement partielle, la possession d’un animal de compagnie est le résultat d’une décision qui n’est pas fondamentalement différente de celle que prend le ménage vis-à-vis des produits de la consommation. Gary Becker (1973 ; 1974) est le premier à avoir appliqué l’analyse économique à ce type de décisions, notamment dans le domaine de la démographie. Dans sa mouvance, il est devenu légitime d’analyser des phénomènes comme le choix du conjoint ou les décisions de fécondité en utilisant les outils de la microéconomie, avec à la base un agent maximisant son utilité sous contraintes. L’analyse présentée s’appuie sur ce type d’ap- proche. Chaque espèce animale offre des opportunités de service que le ménage est en mesure de saisir ou non selon ses ressources budgétaires et le temps libre dont il dispose. Pour surveiller son domicile, aller à la chasse ou donner un compagnon de jeu à son enfant, le ménage ne retient pas le même animal. Car les différentes espèces animales et les différentes races n’ont pas les mêmes capacités à remplir les services divers qu’on attend d’elles. Comme le suppose Lancaster (1966), le consommateur n’arbitre pas entre des biens ou des paniers de biens mais entre leurs caractéristiques. Cette décision tient compte des conséquences multiples qu’un genre particulier d’équipement peut avoir sur les autres aspects de son mode de vie. De la même façon, le ménage choisit le nombre d’animaux et l’espèce de chacun en fonction des propriétés supposées de chaque animal ou du groupe de plusieurs animaux que peut comporter ce que nous appellerons la ménagerie domestique. Bien entendu, l’animal de compagnie a d’autres propriétés, qui peuvent être également étudiées à travers des approches quantitatives. Il entretient une proximité physique avec certaines personnes au point qu’il est le témoin de leur vie intime et, souvent, intervient comme acteur dans leurs épanchements sentimentaux : il est caressé, câliné ou subit la colère du maître. Toutefois, nous n’aborderons pas ici cet aspect. Aucune des deux enquêtes de l’Insee, ni « Budget de Famille 2010 », ni « Trois aspects du mode de vie 1988 » sur lesquelles nous nous appuierons principalement ici, ne fournit d’informations sur l’aspect émotionnel de la relation entre l’animal et ses maîtres. Dans l’étude que nous présentons le nombre d’animaux possédés et leur espèce sont utilisés comme un premier type d’indicateurs : celui des usages possibles de l’animal dans le foyer. En tant qu’instrument présentant une certaine combinaison de propriétés, chaque animal familier est en compétition ou en complémentarité avec d’autres animaux, mais aussi des biens matériels et des services. Tableaux et gravures, plantes et fleurs, mais aussi poissons rouges dans leur bocal se complètent ou s’excluent pour la décoration du logement ; alarme électronique et chien pour sa surveillance ; ronronnement du chat et psychothérapie pour calmer les chagrins des enfants. Un second groupe de caractéristiques concerne les ménages. Leurs besoins, goûts ou préférences dépendent de leur situation matérielle, mais aussi de leurs convictions idéologiques ou morales. Par exemple, le débat actuel sur la cause animale peut conduire à s’interroger sur le bien-fondé d’une vie de chien en appartement, mais peut aussi pousser à adopter un chat errant. En conséquence, l’habitat, le milieu social, la composition du ménage et l’âge sont considérés dans notre analyse comme des contraintes autant que comme les indicateurs de goût caractérisant aussi bien les possesseurs que les non-possesseurs d’animaux de compagnie. Les deux enquêtes ont été réalisées à plus de vingt ans d’intervalle. Elles font apparaître que la France reste également partagée entre possesseurs et non-possesseurs (tableau 1). Mais cette stabilité du taux de possession n’implique pas que la relation entre l’animal de compagnie et son maître soit restée identique. Sans vouloir attribuer l’évolution observée à celle des seules préférences, il est désormais attendu de l’animal familier moins de services domestiques et plus de compagnie dans les loisirs.

Publié en 2013 Collection Notes et Documents de l'OSC : 2013-05
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Résumé : L’accès au crédit est une composante de la frustration à l’égard de la consommation dans la classe moyenne. C’est bien ce qui ressort des aspirations exprimées dans les focus groupes, notamment par ceux dont les banques censurent plus ou moins largement l’autonomie financière. De façon plus générale dans ce milieu social, les jeunes, les précaires, les personnes seules et les petits indépendants ont le sentiment que les organismes de crédit ne leur font pas le même accueil qu’aux couples à deux CDI ou aux personnes pivots en fin de vie professionnelle. Six modes de vie ont été distingués dans la classe moyenne à partir de l’âge, la composition du ménage d’appartenance et la situation dans l’emploi. Six rencontres ont été organisées à Paris dans les locaux d’Ipsos et autant en province (3 à Tours et 3 à Lille). Dans chacun de ces focus groupes, dont la sélection et l’animation ont été réalisées par Ipsos, 6 ou 7 personnes, qui ne se connaissent pas, sont réunies pour converser pendant plus de deux heures. Les participants évoquent leurs souhaits, leurs projets, leurs appréhensions et leurs comportements précautions. Les observations ne sont pas de même nature que celles des enquêtes de l’Insee qui font décrire au ménage son budget au cours d’une semaine ou l’emploi du temps d’une personne au cours d’une journée. Elles sont plus proches des enquêtes d’opinion. Cependant, la méthode ici utilisée est moins directive, un guide d’animation se substituant au questionnaire standardisé. En revanche, les résultats obtenus par cette méthode ne sont pas statistiquement représentatifs de la classe moyenne française. Cette étude a été réalisée pour BNP Paribas Personal Finance qui opère en France sous la marque Cetelem.

Les inégalités socioéconomiques, même les plus flagrantes, ne sont pas toujours explicitement prises en compte dans l’institution judiciaire. Étudiant la justice américaine pour enfants, Aaron V. Cicourel (1968) établit que les familles de la classe moyenne font plus facilement échapper leurs enfants à la sanction que ceux des classes populaires, poursuivis pour des faits analogues. Dans l’ouvrage L’application de la loi. Deux poids, deux mesures (1977), l’exploitation statistique de quatre cents procès correctionnels établit que la distribution des peines, à gravité du délit et casier donné, pénalise les prévenus jeunes, ceux nés à l’étranger et les prolétaires. Dans l’article « Why the “Haves” Come out Ahead » (1974), Marc Galanter trace le cadre conceptuel d’une analyse où l’inégalité des compétences dans la culture judiciaire (à distinguer de la culture juridique) a une incidence déterminante sur les décisions rendues par les juges, que ces derniers exercent au civil ou au pénal.

Dans Écrits d’Amérique, Christian Topalov nous donne une biographie intellectuelle de Maurice Halbwachs. La nouveauté de ce livre réside dans le fait que son auteur appuie sa démonstration sur les expressions langagières du sociologue durkheimien dans différents contextes d’action. Les mêmes thèmes et les mêmes mots (la ville, l’homme américain, le nègre, le juif) prennent des significations différentes selon que M. Halbwachs écrit pour des publications académiques, pour des articles publiés en première page du quotidien Le Progrès de Lyon sous une rubrique intitulée « Lettres des États-Unis » et dans la correspondance avec son épouse qui ne l’a pas accompagnée lors de son séjour à l’université de Chicago au quatrième trimestre de l’année 1930. L’intérêt du livre pour le lecteur vient de ce que le sociologue en voyage à l’étranger, conscient de la diversité des registres de ses actions et de ses expériences, ne parvient pas à les rendre toujours compatibles [Premier paragraphe].

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Statistical analysis by Sarti shows that the correlation between height and the level of education is stronger among men of older generations than among recent ones. Is education among men becoming more egalitarian? That would be true if height had the same social meaning at each generation.

Publié en 2013 Nom de la conférence OCDE, A long-terme perspective on global well-being and development
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in Economie et statistique Publié en 2012-07
ACCARDO Jérôme
CÉLÉRIER Claire
IRAC Delphine
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Depuis plusieurs années, les opinions personnelles sur l'inflation (OPI) des consommateurs, mesurées par l'enquête de conjoncture auprès des ménages, surestiment en moyenne le niveau de l'inflation tel que l'évalue l'indice des prix à la consommation (IPC). Deux types d'explications sont d'abord envisagés. Une première approche est de nature socio-politique : l'opinion des consommateurs sur le niveau d'inflation ne serait pas la résultante de leurs propres observations des prix des biens et des services, mais une construction collective, suivant le modèle de la rumeur, suscitée par une défiance envers les informations officielles et la nourrissant, et amplifiée par le traitement médiatique des évènements économiques. La seconde approche postule, au contraire, que les consommateurs observent bien les évolutions des différents prix et, à l'instar des instituts statistiques, construisent leur appréciation de l'inflation comme la moyenne de ces évolutions. L'écart entre l'OPI et l'IPC proviendrait alors soit de différences dans les pondérations utilisées (alors que les instituts statistiques se réfèrent à un panier de consommation moyen, les consommateurs retiendraient leur propre structure budgétaire), soit de divergences dans l'appréciation de l'évolution des prix des différents produits. Après avoir discuté ces deux approches et souligné leurs insuffisances, l'étude présente une troisième approche fondée sur l'information du consommateur et sa situation d'achat. Le mécanisme essentiel a deux composantes : d'une part, le consommateur observe d'autant mieux les évolutions de prix que les produits correspondants sont achetés plus fréquemment. D'autre part, il est amené à surpondérer les prix en hausse par rapport à ceux qui restent stables ou diminuent, dans la mesure où ce sont les premiers qui peuvent constituer une menace pour l'équilibre de son budget. Ne tenant pas suffisamment compte des prix à la baisse, l'OPI est alors systématiquement au-dessus de l'IPC.

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Avant le grand âge, le ménage se prépare à une autre phase de sa vie. Il épargne, ne voulant pas être à la charge de ses enfants dans ses vieux jours. En abordant les âges de la retraite, il renouvelle une dernière fois les équipements du foyer et adopte progressivement une vie plus casanière. Ses dépenses liées au logement (loyer, charges, chauffage, électricité) augmentent, de même que son recours aux services domestiques à domicile. Il diminue ses dépenses d'alimentation, à la fois à domicile et à l'extérieur, mais il maintient sa consommation d'alcool. Il dépense moins pour les vacances ainsi que pour son habillement. Cette influence de l'âge sur les pratiques de consommation ressort d'une analyse toutes choses égales par ailleurs, à niveau de revenu, taille du ménage, niveau de diplôme et génération de naissance fixés.

Comment les sociologues américains analysent-ils leur propre société ? Les arrivées successives d'immigrés en ont fait les pionniers de la sociologie urbaine. D'autres traits sont des spécificités permanentes de la société américaine : la discrimination à l'égard des descendants d'esclaves, la délinquance juvénile et la faible emprise de la famille sur l'éducation des enfants, la vitalité des confessions religieuses, la réticence de l'État fédéral à réglementer le marché de l'emploi. Au cours du XXe siècle, des grilles d'analyse - celles de l'école de Chicago, du culturalisme, du fonctionnalisme et de l'interactionnisme - ont été élaborées et mises à l'épreuve par des travaux empiriques particulièrement ingénieux. Ce livre en présente les plus novateurs. Leurs auteurs, que leur objet porte sur la ville, le travail, la famille ou la culture, obtiennent des résultats qui ne sont pas toujours convergents, mais qui n'en ont pas moins donné de nouvelles bases à la sociologie contemporaine, fort utiles pour analyser nos sociétés, en ce début de XXIe siècle.

in Les Grands dossiers des sciences humaines Publié en 2010
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