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The contentiousness of markets has recently been assessed by the social movements literature. Activists can use a broad range of tactics to compel corporations to change their practices. This paper examines the outcomes of this contentiousness. It draws on an empirical study of a disruptive tactic used by anti-corporate activists: the shame-on-you prize. I propose to adopt an economic sociological perspective to understand the mechanisms by which social movement organizations seek to undermine the values that underpin the economic order. Activists provide new categories for valuating economic activities that challenge the existing ones. Social movement organizations legitimate these valuations as coming from civil society and reflecting public expectations about what should count in valuations of economic activities. As such, they may encourage public decision-makers to undertake regulatory action.

En 2008 a été lancé le plan Ecophyto, qui visait à réduire de 50% en dix ans la consommation de pesticides dans l’agriculture française. Après une décennie de travail, l’objectif de cette politique publique n’a pas été atteint : la consommation de pesticides continue d’augmenter. Cette thèse propose de dépasser ce constat d’échec pour s’intéresser aux instruments d’action publique qui ont été imaginés pour engager les agriculteurs vers une réduction du recours à ces substances. Comme d’autres travaux dans le champ des études d’innovation ou en sociologie économique, un intérêt particulier est porté aux opérations de « détachement ». Quels mécanismes, quelles connaissances scientifiques, quels acteurs sont mobilisés dans l’action publique lorsqu’il s’agit de réduire sans interdire ? Car si l’objectif de réduction qui structure le plan n’a pas été atteint, ce dernier est un laboratoire dans lequel des modes d’intervention hétérogènes sont mobilisés par les pouvoirs publics, en collaboration avec des acteurs plus ou moins engagés historiquement dans le gouvernement des pratiques agricoles : conseillers de chambres d’agriculture, agronomes, distributeurs de produits phytosanitaires… À la croisée de la sociologie de l’action publique, de la sociologie des sciences et des techniques et de la sociologie économique, cette thèse s’intéresse à la diversité des prises à la disposition de l’action publique à partir du moment où celle-ci est structurée par une injonction au « moins de ».

in Review of Agricultural, Food and Environmental Studies Publié en 2020-09
THOMAS Alban
LAMINE Claire
ALLÈS Benjamin
CHIFFOLEAU Yuna
DORÉ Antoine
HANNACHI Mourad
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We discuss in this paper the role of the economic and social organization in agriculture and the food industry, in relation with the Health-Agriculture-Food- Environment (HAFEN) concept. The aim is to better understand the potential impact of the implementation of this concept in food consumption and production systems in terms of research needs. The paper suggests a research agenda dedicated to the modes of social and economic organization of key stakeholders in the implementation of nexus-based systems, facilitating the convergence among health, food and environmental objectives. Based on a literature survey, three main topics are discussed: (a) processes and drivers of change of food consumption practices; (b) coordination and multi-agent governance modes to better account for health issues in agrifood systems and (c) the analysis of paradigms that put forward health as an entry point to reshape existing agricultural and food systems, and associated modes of knowledge production. For each of these topics, we suggest a selection of research priorities for the future and conclude with methodological perspectives on the HAFEN.

The popularity of labels as tools of government is growing in many policy areas. This chapter focuses on the creation and implementation of one specific kind of label, which we have defined as a “rewarding label”. These labels are granted by governments or public authorities and reward organizations for their contribution to public welfare. Governance by rewarding labels relies on the mechanisms of competition and social distinction at play within a given field, in order to orient actors towards options that governments consider to be in the public interest. Taking eco-labels and nutritional charters as case studies, this chapter shows the difficulties involved in governing through this tool. Rewarding labels are designed to satisfy a range of conflicting objectives and interests and their application has become a site of conflict among public authorities and private actors. Four limitations to this approach are highlighted: management of labels’ reputations, consumer enrolment, competition between companies, and competition between government labels and other market devices or actors.

Depuis une vingtaine d’années, un champ de recherche prolifique a pris pour objet les interactions entre mondes militants et mondes économiques. Cette introduction du numéro thématique « Mondes militants, mondes économiques : contestations, frontières, coopérations » en présente les principaux axes, mais souligne également ses points aveugles. Alors que les travaux dominants du champ « social movements, firms, and markets » insistent généralement sur les dimensions de segmentation, de contraste et de confrontation, nous entendons mettre au jour la porosité des frontières entre mondes militants et mondes économiques. Nous proposons trois déplacements analytiques principaux pour saisir les continuités, imbrications et transferts entre ces deux mondes : placer le regard sur des collectifs et pratiques hybrides, situés à l’intersection des mondes militants et économiques ; penser en termes d’espaces de cause au sein desquels convergent des acteurs émanant d’univers hétérogènes ; déployer une perspective microsociologique, au plus près des militant·es et/ou professionnel·les. En écho avec ces orientations programmatiques, les articles de ce numéro présentent la grande diversité des interactions entre mondes militants et économiques, au-delà des logiques de confrontation.

Depuis moins d’une dizaine d’années, la cause végétarienne jouit en France d’une visibilité grandissante au sein de l’espace public, médiatique, ainsi que dans les débats politiques. Cette publicisation de la cause s’accompagne d’une croissance particulièrement rapide du secteur des produits végétariens et végans sur le marché de l’alimentation. Dans cet article, nous montrons que des organisations du mouvement végétarien contribuent à cette évolution du marché en construisant les conditions d’une collaboration stratégique avec le monde économique, prenant place au sein d’un espace transversal articulant les intérêts des associations militantes et ceux de leurs interlocuteurs marchands. La littérature traitant des liens entre marché et mouvements sociaux a souvent observé les affrontements entre ces deux milieux ou les formes de collaboration mises en œuvre lors de l’élaboration de certifications, valeurs marchandes ou offres alternatives. Cet article entend contribuer à ces recherches en étudiant les relations directes engagées par les collaborations observées, en soulignant les conditions sociales qui favorisent les interactions entre mondes militants et marchands, ainsi que la porosité des frontières qui délimitent ces espaces.

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D’importantes recherches analysent comment les programmes de responsabilité sociale des entreprises sont utilisés pour absorber – et ce faisant neutraliser – les critiques émanant des mouvements sociaux et environnementaux et à répondre superficiellement aux nouvelles réglementations qui en découlent. Si les entreprises disposent d’outils internes puissants pour résister aux changements et affaiblir le sens de la loi, alors il est nécessaire d’enquêter sur la manière dont les mouvements sociaux développent des formes de mobilisation légale pour intervenir dans la conception des politiques au sein même des organisations. Tandis que la littérature sur les mouvements sociaux examine comment ces mouvements continuent de dénoncer et de surveiller de manière exogène les organisations, je me penche sur le cas des programmes diversité en France pour explorer les façons dont des militant.e.s cherchent à s’impliquer dans l’interprétation et la conception de ces politiques diversité souvent décrites comme symboliques. A partir d’un protocole d’enquête qualitatif (ethnographie, entretiens, analyses documentaires), j’explore comment les militant.e.s et les associations ont cherché à changer les programmes diversité d’organisations publiques ou privées. Ces acteurs utilisent des stratégies de création préfigurative des programmes diversité, concevant et proposant aux organisations de nouvelles pratiques pour trouver des candidat.e.s à l’embauche, les évaluer, sensibiliser à la discrimination, faire de la veille anti-discrimination, ou développer des politiques d’entreprises plus équitables, et ce dans le but que ces entreprises puissent se les réapproprier et les utiliser.

Cet article propose de faire retour sur une enquête autour des changements de pratiques alimentaires des ménages conduite par les auteurs. Cette enquête possède une double originalité. La première d’entre elles réside dans la volonté de croiser deux programmes théoriques majeurs, souvent présentés comme inconciliables. Il s’agit d’une part du programme bourdieusien, associant les pratiques de consommation aux dispositions sociales des individus, acquises par l’expérience tout au long de la trajectoire sociale, et d’autre part du programme de sociologie économique inspiré de la sociologie des sciences développé par Michel Callon et Franck Cochoy, qui lie les pratiques de consommation aux effets des dispositifs techniques et marchands sur les décisions des consommateurs. Nous avons voulu comprendre les changements des pratiques de consommation alimentaire à la fois à la lumière des trajectoires des individus et de leurs rencontres récurrentes avec des dispositifs marchands ou publics conçus pour les réorienter. Pour articuler ces deux programmes, nous avons alors conçu un dispositif méthodologique spécifique, et c’est la seconde originalité de notre démarche, afin de faire dialoguer des données quantitatives et qualitatives, en éclairant l’une par l’autre de manière récurrente. C’est de cette façon que nous avons pu saisir à la fois le rôle des dispositifs de la prescription, qu’ils soient marchands et publics, et les effets de trajectoires sociales (appartenance sociale, position dans le cycle de vie) dans la fabrique des pratiques alimentaires autant que dans leurs évolutions. Il en résulte que si ces prescriptions ont des effets sur les changements de la pratique alimentaire, ceux-ci sont très largement conditionnés par les dispositions des individus à s’en saisir.

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Dans le contexte de la lutte contre le dérèglement climatique, les interventions publiques ciblent aujourd’hui les individus. Il s’agit d’encourager certaines pratiques – prendre les transports en commun, manger des fruits de saison – et d’en décourager d’autres – laisser ses appareils en veille ou renouveler trop fréquemment ses vêtements. [premier paragraphe]

Ce policy brief analyse la politique publique française en matière d’affichage environnemental. Cette politique publique a été initiée en 2009 à la suite du Grenelle de l’Environnement et a été réactivée en 2018 dans le cadre d’une action de déploiement sur cinq secteurs économiques. L’objectif de cette politique publique est d’encourager les entreprises à afficher les impacts environnementaux des produits qu’elles mettent en marché. Elle se heurte à d’importantes résistances du monde économique qui se montre réticent à s’engager dans des actions d’évaluation des impacts environnementaux jugées à la fois coûteuses à mettre en œuvre et insuffisamment stabilisées sur un plan technique. A l’heure où les politiques d’affichage sur les produits tendent à se multiplier (affichage nutritionnel, affichage énergie, affichage carbone, affichage sur la durée de vie), nous revenons sur les spécificités d’une action publique, faiblement dotée en ressources financières, politiques ou légales, qui cherche à inciter les entreprises à plus de responsabilité. Nous montrons que cette politique publique repose sur un socle législatif faiblement coercitif mais susceptible de faire évoluer les intérêts de certains acteurs privés. Nous suggérons que les pouvoirs publics construisent des alliances stratégiques avec certains acteurs privés afin d’activer des leviers au sein des rapports de concurrence ou des rapports de force marchands susceptibles de produire des effets d’entrainement. C’est précisément la co-construction publique-privée de cette politique publique qui la rend acceptable pour le monde économique. Nous revenons sur les enjeux et points critiques d'une politique publique, qui, même si elle n'est pas encore généralisée, a montré une certaine efficacité dans sa capacité à mobiliser les entreprises.

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