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The popularity of labels as tools of government is growing in many policy areas. This chapter focuses on the creation and implementation of one specific kind of label, which we have defined as a “rewarding label”. These labels are granted by governments or public authorities and reward organizations for their contribution to public welfare. Governance by rewarding labels relies on the mechanisms of competition and social distinction at play within a given field, in order to orient actors towards options that governments consider to be in the public interest. Taking eco-labels and nutritional charters as case studies, this chapter shows the difficulties involved in governing through this tool. Rewarding labels are designed to satisfy a range of conflicting objectives and interests and their application has become a site of conflict among public authorities and private actors. Four limitations to this approach are highlighted: management of labels’ reputations, consumer enrolment, competition between companies, and competition between government labels and other market devices or actors.

Cet article propose de faire retour sur une enquête autour des changements de pratiques alimentaires des ménages conduite par les auteurs. Cette enquête possède une double originalité. La première d’entre elles réside dans la volonté de croiser deux programmes théoriques majeurs, souvent présentés comme inconciliables. Il s’agit d’une part du programme bourdieusien, associant les pratiques de consommation aux dispositions sociales des individus, acquises par l’expérience tout au long de la trajectoire sociale, et d’autre part du programme de sociologie économique inspiré de la sociologie des sciences développé par Michel Callon et Franck Cochoy, qui lie les pratiques de consommation aux effets des dispositifs techniques et marchands sur les décisions des consommateurs. Nous avons voulu comprendre les changements des pratiques de consommation alimentaire à la fois à la lumière des trajectoires des individus et de leurs rencontres récurrentes avec des dispositifs marchands ou publics conçus pour les réorienter. Pour articuler ces deux programmes, nous avons alors conçu un dispositif méthodologique spécifique, et c’est la seconde originalité de notre démarche, afin de faire dialoguer des données quantitatives et qualitatives, en éclairant l’une par l’autre de manière récurrente. C’est de cette façon que nous avons pu saisir à la fois le rôle des dispositifs de la prescription, qu’ils soient marchands et publics, et les effets de trajectoires sociales (appartenance sociale, position dans le cycle de vie) dans la fabrique des pratiques alimentaires autant que dans leurs évolutions. Il en résulte que si ces prescriptions ont des effets sur les changements de la pratique alimentaire, ceux-ci sont très largement conditionnés par les dispositions des individus à s’en saisir.

Dans le contexte de la lutte contre le dérèglement climatique, les interventions publiques ciblent aujourd’hui les individus. Il s’agit d’encourager certaines pratiques – prendre les transports en commun, manger des fruits de saison – et d’en décourager d’autres – laisser ses appareils en veille ou renouveler trop fréquemment ses vêtements. [premier paragraphe]

Ce policy brief analyse la politique publique française en matière d’affichage environnemental. Cette politique publique a été initiée en 2009 à la suite du Grenelle de l’Environnement et a été réactivée en 2018 dans le cadre d’une action de déploiement sur cinq secteurs économiques. L’objectif de cette politique publique est d’encourager les entreprises à afficher les impacts environnementaux des produits qu’elles mettent en marché. Elle se heurte à d’importantes résistances du monde économique qui se montre réticent à s’engager dans des actions d’évaluation des impacts environnementaux jugées à la fois coûteuses à mettre en œuvre et insuffisamment stabilisées sur un plan technique. A l’heure où les politiques d’affichage sur les produits tendent à se multiplier (affichage nutritionnel, affichage énergie, affichage carbone, affichage sur la durée de vie), nous revenons sur les spécificités d’une action publique, faiblement dotée en ressources financières, politiques ou légales, qui cherche à inciter les entreprises à plus de responsabilité. Nous montrons que cette politique publique repose sur un socle législatif faiblement coercitif mais susceptible de faire évoluer les intérêts de certains acteurs privés. Nous suggérons que les pouvoirs publics construisent des alliances stratégiques avec certains acteurs privés afin d’activer des leviers au sein des rapports de concurrence ou des rapports de force marchands susceptibles de produire des effets d’entrainement. C’est précisément la co-construction publique-privée de cette politique publique qui la rend acceptable pour le monde économique. Nous revenons sur les enjeux et points critiques d'une politique publique, qui, même si elle n'est pas encore généralisée, a montré une certaine efficacité dans sa capacité à mobiliser les entreprises.

Ce dossier sur les enquêtes sur la consommation au XXe siècle s'inscrit dans plusieurs traditions de recherche: les travaux sur la consommation, les recherches sur les pratiques d'enquête et enfin les réflexions sur l'histoire des Etats sociaux. Il témoigne de la vitalité de plusieurs champs de recherche. Nous avons souhaité dans ce numéro travailler sur les continuités entre les différentes comptabilités: comptabilité de l'argent, des choses et du temps, celles des consommatrices et consommateurs, mais aussi des enquêtrices et enquêteurs. Le numéro contient trois articles portant sur "Le calcul au jour le jour", trois articles sur "Des méthodes et des savoirs", et deux articles sur le thème "Gérer les masses". Deux documents sont en outre présentés: une enquête de la Jeunesse ouvrière chrétienne féminine des années 1930 et une enquête de jeunes sociologues des années 1960.

L'article introduit un dossier consacré aux enquêtes sur la consommation et l'argent au XXe siècle. Ce numéro s'inscrit dans plusieurs traditions de recherche qui sont présentées. Il interroge les manière de compter des consommateurs et consommatrices, les méthodes et savoirs construits pour les connaître et les nouveaux questionnements liés à l'arrivée de la question des masses. Deux documents proposes des extraits d'enquêtes de la JOCF et de jeunes sociologues dans les années 1960. Le numéro permet de souligner la richesse des études existantes tout en insistant qu'il reste beaucoup à faire dans le domaine des enquêtes sur la consommation.

Le « gouvernement des conduites » par la fiscalité fait le pari qu'une augmentation ciblée des taxes incitera le contribuable à modifier son comportement, dans son intérêt ou dans celui du bien commun. Pourquoi ce qui a fini par être accepté pour l'alcool et le tabac se heurte-t-il aujourd'hui à la fronde des « gilets jaunes » quand il s'agit de décourager l'usage du diesel?

L’économie comportementale, nouvelle obsession de nos décideurs, réduit tout à des « biais cognitifs ». Ce faisant, elle focalise les politiques publiques sur les conduites individuelles, et elle recherche les traits communs à ces conduites au lieu d’en explorer les différences. Contre cette raison comportementaliste, une analyse sociologique des structures et des inégalités s’impose.

L’économie comportementale (ou nudge) est à la mode. Comment expliquer son succès ? Peut-on attendre qu’elle révolutionne aussi bien la recherche en économie que les politiques publiques ? Ses premiers usages par les gouvernements tendent à tempérer l’optimisme.

Cette thèse porte sur le marché dit « volontaire » des services de compensation carbone. Sur ce marché, des entreprises, qui n’ont aucune obligation de souscrire à ces services, achètent à des opérateurs privés, ONG ou entreprises, des « crédits carbone » pour « compenser » leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Pour obtenir ces crédits carbone, les opérateurs du marché mettent en œuvre des projets de réduction des émissions de GES dans les pays du Sud. Ces nouveaux échanges marchands du début des années 2000 ne sont pas sans susciter de critiques. Journalistes, ONG environnementales et scientifiques considèrent que ce marché, d’une part, ne permet pas de réduire efficacement les émissions de GES et, d’autre part, que les populations du Sud encourent de potentiels dangers avec la mise en œuvre de tels projets. La thèse interroge ainsi l’apparent paradoxe du choix des entreprises d’investir dans des services environnementaux contestés alors que ces derniers ne constituent pas une obligation réglementaire et peuvent mettre en danger leur réputation. En considérant le marché « volontaire » comme un « marché contesté », selon le sens donné à cette notion par Steiner et Trespeuch (2014), la thèse rend compte des conditions d’existence et de maintien de ce marché. A partir d’entretiens, d’observations et de l’analyse de sources écrites, elle examine le rôle de divers dispositifs, du travail marchand ainsi que de l’appropriation de l’offre par les acheteurs dans l’organisation de ce marché. La thèse interroge plus généralement le rapport entre économie et environnement et s’intéresse aux ressorts de l’engagement « volontaire » des entreprises pour le climat.

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