Type
Article
Title
L’essor paradoxal des politiques familiales
In
L’Année sociologique
Editor
FR : Presses Universitaires de France1
Volume
68
Number
2
Pages
423 - 454 p.
ISSN
00662399
Keywords
Political economy, Care, Politiques familiales, État-providence, Grande transformation
Abstract
FR
Durant les trois dernières décennies, les politiques familiales des pays riches ont connu un essor qui contraste avec le mouvement global d’austérité engagé par les États-providence. Les régimes de politiques familiales semblent converger progressivement vers le modèle Earning Carer et le schéma suédois – caractérisé par des dépenses élevées dans les services publics de garde d’enfants et un partage plus égalitaire des congés parentaux. Ce modèle semble aussi promouvoir la participation des femmes au marché du travail. Dans ce contexte, cet article vise principalement à discuter de ces évolutions selon les concepts que Polanyi emploie dans son ouvrage majeur, La Grande Transformation. Suivant son approche analytique, nous suggérons que l’essor des politiques familiales peut être compris en lien avec le désengagement de l’État-providence et le développement global de l’économie politique (political economy), et qu’il génère deux mouvements de sens opposés. D’un côté, l’accroissement des politiques familiales – parallèlement au désengagement de l’État-providence – semble inciter les mères à accepter plus facilement des salaires modestes dans une économie fondée sur les services. De l’autre, il contribue en partie à les libérer des activités de soins et d’accompagnement (care). Une première interprétation considère les politiques familiales comme un nouvel outil de promotion du capitalisme néolibéral, tandis qu’une seconde y voit une assistance essentielle aux parents de jeunes enfants pour surmonter la hausse des coûts de prise en charge. Ces deux phénomènes interagissent, mais sous l’impact croissant du désengagement de l’État-providence, le premier mouvement semble plus déterminant que le second.

BIBLIOGRAPHIC QUOTE
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