Type
Article
Titre
Assurance maladie : soins de court terme et traitement à long terme
Dans
Revue de l'OFCE
Auteur(s)
CORNILLEAU Gerard - Observatoire français des conjonctures économiques (Auteur)
HAGNERÉ Cyrille - Théorie économique, modélisation et applications (Auteur)
VENTELOU Bruno - Aix - Marseille Université (Auteur)
Numéro
91
Pages
269 - 332 p.
ISSN
12659576
DOI
10.3917/reof.091.0269
Mots clés
Assurance maladie, Système de santé, Croissance des dépenses
Résumé
FR | EN
Le déficit de l’assurance maladie a conduit le gouvernement à réformer le système de santé afin de modérer la croissance des dépenses. Dans ce contexte, l’article a pour objet de présenter l’état des lieux du système de santé et les différentes réformes envisageables. Dans sa dernière partie, il présente une première analyse des mesures décidées en 2004. La France dépense beaucoup pour la santé, mais nettement moins que les États-Unis et à peu près autant que ses principaux partenaires européens. Au cours des années 1990, la croissance des dépenses y a été particulièrement faible. La reprise observée récemment vient ainsi compenser une évolution anormalement faible au cours de la période antérieure. Toutefois, l’assurance maladie connaît un déficit structurel dû au fait qu’en moyenne, sur longue période, la croissance des dépenses est supérieure à celle du PIB. Les facteurs de cette croissance sont connus : augmentation des revenus — qui s’accompagne d’exigences plus grandes en matière de qualité des soins —, vieillissement de la population et progrès des techniques médicales. En conséquence, il serait naturel de programmer à l’avance les hausses de prélèvements nécessaires au financement des dépenses. Des réformes microéconomiques sont, en outre, nécessaires pour améliorer, ou simplement maintenir, l’efficacité du système. Compte tenu des particularités du service rendu par le système de soins, il n’est pas souhaitable de remettre en cause le principe de sa mutualisation dans le cadre d’une assurance publique. Comme la « responsabilisation » des patients, par une contribution directe au paiement des soins, ne peut être que limitée, les réformes envisageables portent surtout sur la restructuration de l’offre. La réforme de 2004 comporte des mesures susceptibles de contribuer à cette restructuration : meilleure coordination par l’informatisation du dossier médical, obligation de passage par un médecin référent, etc. Mais elle ne modifie pas les modalités de rémunération des médecins. Les mesures de 2004 ne changent donc pas radicalement un système auquel les Français sont sincèrement attachés.

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT