Type
Article
Title
Cybersecurity in the Energy Sector. A Comparative Analysis between Europe and the United States
Translated title
Cybersécurité des infrastructures énergétiques. Regards croisés Europe/Etats-Unis
In
Études de l’Ifri
Editor
FR
Pages
1 - 54 p.
Keywords
Cybersecurity, Energy, Europe, United States, Cybersécurité, Energie, Europe, Etats-Unis
Abstract
EN | FR
L’accélération de la numérisation des infrastructures énergétiques apporte de nombreux bénéfices économiques, notamment en termes de rationalisation de la consommation d’énergie avec des gains d’efficacité. Néanmoins, cela a aussi pour conséquence d’augmenter les risques de cyberattaques, où des logiciels malveillants prennent avantage de la digitalisation croissante des équipements. Les récentes cyberattaques qui ont visé les infrastructures critiques ukrainiennes soulignent que la menace est réelle et grandissante. La vulnérabilité n’est pas cantonnée aux infrastructures situées dans l’Union européenne ou aux États-Unis : certaines attaques dont a été victime l’Ukraine se sont propagées à de nombreuses entreprises occidentales notamment à travers leurs filiales, soulignant le danger de contagion par le biais de logiciels malveillants. Au cours des dernières années, l’UE et les États-Unis ont progressivement adopté une série de mesures et de réglementations pour protéger les infrastructures énergétiques face au risque cyber. Cependant, les approches américaines et européennes présentent de nombreuses différences. En effet, les États-Unis ont privilégié une stratégie de sécurité en profondeur avec des réglementations strictes et détaillées dans des secteurs précis, appliquées par des institutions aux pouvoirs coercitifs. Par contraste, l’UE a adopté une stratégie plus souple et exhaustive, couvrant un large éventail de domaines et laissant une marge de manœuvre importante aux États membres dans la mise en application des normes. Toutefois, ces approches sont aussi potentiellement complémentaires, dans la mesure où les forces du système américain peuvent servir de modèle pour améliorer certaines faiblesses dans l’approche européenne, et réciproquement, puisque les États-Unis pourraient aussi tirer un certain nombre d’enseignements de l’UE. En effet, le modèle américain est en avance sur l’UE au niveau du développement de normes précises et détaillées pour la cybersécurité, ainsi que dans la mise en application de ces normes. Seule une poignée d’États européens, dont la France, ont un niveau de normes équivalent et l’UE souffre de manquements et de faiblesses tant à l’échelle communautaire que nationale. Néanmoins, les États-Unis peuvent apprendre de l’UE concernant la protection de la vie privée et des données à caractère personnel, la cybersécurité appliquée aux technologies bas-carbone, ainsi que la protection des réseaux de distribution électrique. De plus, la Californie et la France présentent un certain nombre de spécificités pertinentes en la matière. C’est pourquoi il est essentiel de renforcer la coopération transatlantique afin de permettre à l’UE et aux États-Unis d’apprendre chacun du modèle de l’autre. Cela pourrait avoir lieu à travers différentes plateformes, ce qui inclurait un renforcement de la collaboration bilatérale entre les gouvernements, ainsi qu’une meilleure coopération au sein de structures multilatérales telles que l’OTAN et le G7, et finalement au niveau des partenariats public-privé. L’objectif serait de développer l’harmonisation des normes entre l’UE et les États-Unis afin de pouvoir progressivement mettre en place des standards transatlantiques communs en matière de cybersécurité. Il est important de noter que le président Trump a démontré un intérêt pour les questions liées à la cybersécurité en renforçant la politique de son prédécesseur en la matière. Par conséquent, malgré les divergences actuelles entre l’UE et les États-Unis sur de nombreux sujets, la cybersécurité représente un domaine où il existe une réelle opportunité pour approfondir la coopération transatlantique dans les années à venir. Les standards transatlantiques communs pourraient ensuite devenir des normes internationales de cybersécurité rigoureuses, permettant de réduire les risques de propagation.

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