Type
Article
Titre
Cimetières des nombres et corps mobiles : des morts en guerre (Palestine/ Israël)
Dans
Diasporas
Volume
2017/2
Numéro
30
Pages
139 - 154 p.
DOI
10.4000/diasporas.1584
Mots clés
Israël, Palestine, migrations, mort, guerre
Résumé
FR | EN
fr Article publié dans Mourir ailleurs (XVIe-XXIe siècles), Revue Diasporas, n° 30, 2017/2, pp. 139-154. Stéphanie Latte Abdallah (CNRS/CERI-SciencesPo/WAFAW) Cimetières des nombres et corps mobiles : des morts en guerre (Palestine/Israël) À Ramallah, dans l'enceinte de la Muqata', le siège de la présidence palestinienne, le cercueil de Yasser Arafat est posé au-dessus d'un bassin. La nuit, un faisceau de lumière indique la direction de Jérusalem, où il est espéré qu'un jour il puisse être enseveli. Hors sol, ce tombeau est celui d'un mort flottant, mobile, disposé ainsi dans l'attente de retrouver le lieu choisi de son repos. D'autres corps, détenus cette fois, attendent un retour en terre. Ces défunts ont été conservés par les autorités israéliennes, parfois depuis des dizaines années, suite à leur décès lors d'opérations militaires conduites en territoire israélien, de combats ou d'affrontements, d'attentats, ou plus rarement après leur mort en prison. De 1965 jusqu'à la seconde Intifada (2000-2005), ces corps ont été sommairement enterrés dans ce que les autorités israéliennes nomment des « cimetières pour les morts ennemis », et, plus exceptionnellement, dans des carrés réservés dans des cimetières civils dans le sud du pays, à Beersheva. Puis, à partir du milieu des années 2000, ces dépouilles ont dans l'ensemble été gardées à la morgue 1. Au nombre de quatre situés dans le Nord du pays et dans la vallée du Jourdain 2 , ces « cimetières pour les morts ennemis » détiennent depuis de longues années des Palestiniens, mais aussi quelques Libanais, Syriens ou Jordaniens, loin de leurs proches dans des zones militaires 1 Dans le centre de médecine légale israélien d'Abu Kbir à Jérusalem. 2 L'un de ces cimetières se trouve dans le Golan, à la frontière entre Israël, le Liban et la Syrie, à côté du pont des filles de Jacob dans une zone militaire. Il contient environ 500 tombes de Palestiniens et de Libanais qui ont été tués à partir de 1982. Dans le nord de la Galilée, le cimetière de Shuheitar se trouve près du village de Wadi al-Hamam. La plupart des corps sont ceux de victimes de guerre tuées lors des batailles dans la vallée du Jourdain entre 1965 et 1975. Deux autres sont dans la vallée du Jourdain : le cimetière de Refedeem et celui du pont d'Adam situé dans une zone militaire fermée entre Jéricho et le pont d'Adam sur le Jourdain. Ce dernier est clôturé par un mur et une porte en fer. Voir www.makaberalarqam.ps [consulté le 10 décembre 2016].

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
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