Type
Article
Titre
L’électricité est-elle un bien public ?
Dans
Revue de l'OFCE
Auteur(s)
SALIES Evens - Observatoire français des conjonctures économiques (Auteur)
KIESLING Lynne - Department of Economics (Northwestern University) (Auteur)
GIBERSON Michael - Center for Energy Commerce (RCB) (Auteur)
Numéro
101
Pages
399 - 420 p.
ISSN
12659576
DOI
10.3917/reof.101.0399
Mots clés
Fourniture d’électricité, Marchés décentralisés, Règles de la concurrence, Sécurité d'approvisionnement, Bien public, Bien privé
Résumé
FR
La fourniture d’électricité s’organise de plus en plus autour de marchés décentralisés encadrés par les règles de la concurrence. Or les pannes survenues sur les réseaux électriques dans certaines régions du monde ces dernières années suggèrent que ces règles ne sont pas compatibles avec la position selon laquelle la sécurité d’approvisionnement en électricité est un bien public. L’objectif de cet article est de montrer que cette sécurité, et plus généralement la fourniture d’électricité, est un bien composite, à la fois public impur et privé. Il souligne le fait, apparemment occulté dans les débats publics actuels mais pourtant bien connu des gestionnaires de réseaux de transport, que la fiabilité varie géographiquement. Cela a des implications concernant la demande de sécurité d’approvisionnement. Alors que le caractère de bien public explique pourquoi certaines entreprises préfèrent que d’autres investissent pour maintenir un niveau de sécurité, le caractère de bien privé renvoie à l’existence de préférences différenciées pour cette sécurité. Le caractère composite de la fourniture d’électricité a des implications pour la politique de régulation de la sécurité d’approvisionnement dans le secteur de l’énergie électrique, ce que nous démontrons en nous appuyant sur le concept d’externalité politiquement pertinente. Les décideurs publics ne devraient pas, par exemple, chercher à faire payer à tous les usagers, et de manière uniforme, un investissement visant à améliorer la sécurité d’approvisionnement sur la seule base qu’ils en retirent un effet externe positif. Il est pertinent qu’ils paient pour cette amélioration seulement dans le cas où ce paiement viendrait affecter leurs propres décisions de consommation. Ce résultat suggère l’intérêt d’un marché de sécurité à la carte, complémentaire des marchés de gros, à condition que les coûts de transaction ne soient pas élevés.

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT