Type
Article
Titre
Géopolitique et État-Providence : Le BIT et la politique mondiale des migrations dans l'entre-deux-guerres
Dans
Annales. Histoire, sciences sociales
Auteur(s)
ROSENTAL Paul-Andre - (Auteur)
Éditeur
Armand Colin
Volume
61
Numéro
1
Pages
99 - 134 p.
ISSN
03952649
Mots clés
Géopolitique, État-Providence, Politique mondiale des migrations, Bureau International du Travail
Résumé
FR
Dans l’entre-deux-guerres, le Bureau International du Travail s’efforce de construire une régulation mondiale des migrations. La signature de conventions inter-étatiques développe le droit international de la mobilité, droit maritime notamment, mais aussi les droits sociaux attribués aux travailleurs migrants : assurances sociales en matière de risque vieillesse, invalidité, maladie, décès, chômage, accidents du travail. À l’image d’Albert Thomas ou Arthur Fontaine, le BIT prolonge ici l’action de l’Association internationale pour la protection légale des travailleurs. Au nom du libéralisme, il voit dans la diffusion de l’État-providence la condition d’une juste concurrence économique. Soutenu par des associations de défense des migrants souvent liées aux Églises, le BIT se réclame du paritarisme et réunit hauts fonctionnaires, chefs d’entreprises et délégués des syndicats. En vue d’un meilleur partage des matières premières et de la main-d’œuvre, il revendique une autorité supranationale qui s’imposerait notamment en matière coloniale. Mais il se heurte au jeu brûlant de la géopolitique : les nations dénuées d’Empire, en s’appuyant sur des concepts de la démographie (optimum, surpeuplement...), récupèrent cette atteinte portée au principe de souveraineté nationale. Au nom de l’intérêt de l’humanité, les réformateurs sociaux du BIT forgent ainsi une doctrine qui, à leur corps défendant, justifiera à sa manière les coups de force territoriaux des années 1930 (Mandchourie, Éthiopie).

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT