Type
Article
Titre
Quelle place faut-il accorder à la religion dans la conduite de la politique étrangère des États-Unis ?
Dans
Critique internationale
Éditeur
FR : Presses de Sciences Po
Numéro
49
Pages
159 - 169 p.
ISSN
12907839
DOI
10.3917/crii.049.0159
Mots clés
États-Unis, Religion parent pauvre des relations internationales, Phénomènes de violence religieuse
Résumé
FR
Pour répondre à cette question, les historiens de la « destinée manifeste » des États-Unis et de leur expansion impériale à la fin du XIXe siècle ont souvent attribué un rôle prépondérant au providentialisme protestant et à la mission civilisatrice, exprimés au moment de la guerre hispano-américaine de 1898. D’autres historiens se sont penchés sur le moralisme protestant du Président Wilson et sur la justification qu’il donna de la participation de son pays à la première guerre mondiale en utilisant le slogan « une croisade pour la démocratie » .Cependant, l’intérêt pour les explications religieuses des guerres ou des conflits de civilisation a fortement décliné au lendemain du second conflit mondial. John Lewis Gaddis, l’un des meilleurs historiens de la Guerre froide, ne consacre que quelques lignes à la religion dans un des trois ouvrages qu’il a rédigés sur cette période, tout en admettant que les conflits religieux contiennent en germe le risque de « désorganiser l’ordre international ».Et si le politiste Samuel P. Huntington donne un rôle essentiel à la religion dans son analyse très réductionniste du « choc des civilisations » , son ouvrage polémique est atypique. Comme le remarque le théoricien des relations internationales Robert O. Keohane, dans un livre de synthèse publié au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, la religion demeure le parent pauvre des relations internationales. Selon lui, les modèles explicatifs proposés sont trop sécularisés pour donner une place satisfaisante aux motivations religieuses ou à des visions du monde marquées par des positions intégristes ou fondamentalistes. R.O. Keohane et ses disciples appellent donc à une nouvelle conceptualisation des relations internationales qui serait mieux à même d’expliquer les phénomènes de violence religieuse et de théoriser sur la signification profonde d’un hypothétique « retour » du religieux. [Premier paragraphe]

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT