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Cette enquête sur l’enquête rend compte d’une recherche qui traite des attitudes politiques à partir du clivage gauche-droite, dans la tradition du Cevipof, mais qui offre une entrée renouvelée dans l’objet en développant une approche sociologique, symbolique et « par le bas » de l’idéologie, alors plutôt en désuétude. Etienne Schweisguth adapte la technique de l’entretien non directif promue par Guy Michelat, tant pour le recrutement (d’abord confié à un enquêteur professionnel puis prise en charge par l’auteur) que pour l’exploitation du matériau discursif (analyse typologique). Cette enquête a permis à l’auteur, essentiellement quantitativiste, d’étayer de manière compréhensive la conception multidimensionnelle du clivage gauche-droite. Elle l’a encouragé à réorienter ses recherches sur l’évolution des valeurs en France. Sur le plan méthodologique, l’enquête permet de voir les effets des stratégies de recrutement des enquêtés (réseau relationnel versus porte-à-porte) sur les types de discours recueillis. Le matériau pourrait être réanalysé à l’aide de nouveaux outils logiciels. L’analyse typologique, inaboutie, pourrait être complétée ou amendée. Cette enquête, réalisée en 1983, présente un fort intérêt historique, mettant au jour les effets de l’alternance de 1981 sur le système de représentations des citoyens, en lien avec la reconfiguration des termes de l’affrontement politique.

Enquête ethnographique portant sur les immigrés d’origine subsaharienne, réalisée entre 2006 et 2011 (en France) par Jacques Barou et une équipe de chercheurs, notamment de la cellule Recherche de la CNAV, en sociologie, en anthropologie et en démographie. Le terrain, conduit entre 2006 et 2010 en régions parisienne et lyonnaise, repose sur la base d'entretiens semi-directifs conduits avec deux générations d’immigrés (parents et enfants d'une même famille). Le matériau, recueilli auprès de vingt-deux familles originaires de treize pays d’Afrique, est complété par quatre focus groups ainsi que des notes d’observations. L'enquête interroge le statut des immigrés noirs en France, à travers leurs trajectoires et les représentations qu'ils s'en font. La comparaison intergénérationnelle des visions de la migration, du pays et de la culture d'origine, ou encore de la famille apporte un éclairage nuancé sur des concepts centraux de la sociologie de l'immigration tels que l'identité ou l'intégration. Les entretiens permettent aussi de comprendre les discriminations, les contraintes sociales, économiques et politiques dans lesquelles les individus évoluent, ainsi que les différentes opportunités qui s'ouvrent à eux. L'analyse qui en a découlé a été publiée aux éditions Armand Colin et livre la diversité et la complexité de l'immigration subsaharienne en France.

Présentation de la banque d'enquête beQual du Centre de Données Socio-Politiques lors du séminaire du Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA) Université Paris 8, le 19 mai 2016.

Le CDSP propose des services et outils de données pour la communauté nationale des sciences sociales : documentation, traitement, diffusion et archivage d'enquêtes et de données quantitatives et qualitatives. Après un rappel historique des missions du CDSP, la présentation passe d'abord en revue les différents services traitant des données électorales et quantitatives (sur Nesstar, Quetelet, Vizlab), avant de faire un zoom sur la banque d'enquêtes qualitatives beQuali. Cette dernière propose la diffusion et l'archivage pérenne d'enquêtes qualitatives en sciences sociales. Les différentes étapes de traitement, les choix et procédures techniques, juridiques et documentaires sont passés en revue. L'appel à propositions de dépôt d'enquête dans beQuali est ouvert à l'ensemble de la communauté recherche : les modalités de réponse sont explicités.

Ces dernières années les gisements de données disponibles en sciences sociales se sont multipliés . Développé au CDSP depuis 2010, BeQuali en est un. Cette banque d’enquêtes qualitatives met à disposition de la communauté scientifique des archives d’enquêtes de terrain, afin qu’elles soient réutilisées. Ces enquêtes de sociologie et de science politique mobilisent des techniques comme l’entretien, l’observation, la recherche documentaire ; elles comportent fréquemment des données personnelles et sensibles (car touchant à la politique, à la religion, à la sexualité, etc.). Leur diffusion est au croisement de diverses législations : code du patrimoine, loi informatique et libertés, droit à l'image et protection de la vie privée. Dans cette communication, les enjeux de la diffusion de ces données personnelles et sensibles seront discutés, à partir d'un retour d'expérience. Les problèmes posés par les opérations complexes d'anonymisation des données dans le cadre des activités de beQuali seront plus précisément évoqués. Nous exposerons d'abord l'état de la réflexion en sociologie ou en science politique sur ces problématiques. La sensibilisation des chercheurs à ces questions à travers notamment la réception qu'ils font de la démarche de beQuali sera présentée : faible culture du partage et de la réutilisation des données d'enquêtes ; préventions éthiques (craintes de rupture d'anonymat ou de confidentialité et conséquences sur le contrat de confiance enquêteur-enquêté). Nous exposerons ensuite les problèmes posés par le traitement des données personnelles et sensibles, ainsi que les solutions mises en œuvre en termes d’anonymisation et de confidentialité. Nous expliciterons notamment les principes suivis (règles strictes d’anonymisation sur les marqueurs d’identification directe, mais plus souples sur les marqueurs d’identification indirecte) et les opérations concrètes d’anonymisation, ainsi que les précautions prises en matière de confidentialité (accès contrôlés et sécurisé aux données, conditions strictes de de réutilisations encadrées par une convention). Au total, nous voudrions discuter les compromis que nous sommes amenés à opérer en pratique entre des exigences juridiques floues, des questions éthiques non stabilisées et la nécessité de préserver la richesse scientifique des données pour leur réutilisation, en l’absence de règles déontologiques disciplinaires (bien qu’on observe ces derniers temps l’élaboration de guides de bonnes pratiques au sein de l’IST), compromis qui s’apparentent à une « bonne gestion du risque ». Nous nous baserons sur une réflexion collective fondée à partir de l’examen croisé d’une dizaine de cas pratiques, de l’étude de la manière dont d’autres, dans la littérature notamment, et d’autres plateformes équivalentes ont traité cette question, et des échanges avec des collègues, groupes de travail ou projets proches.

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Communication au séminaire IRISSO, Université Paris-Dauphine.

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A visée d'abord scientifique, le projet beQuali a nécessairement acquis une dimension archivistique originale. Développé par l’équipe du Centre de données socio-politiques, beQuali est une banque d'enquêtes qualitatives de sciences sociales destinées à l’analyse secondaire des matériaux mis en ligne. beQuali inscrit ainsi les archives dans un flux scientifique continu. Rompant dès lors avec la théorie de Pérotin, il réactive la valeur d'usage originelle des documents des enquêtes qui, à peine entrés dans leur troisième âge, recouvrent leurs qualités heuristiques. À la fois données et archives les enquêtes n’intéressent pas que les historiens mais aussi les collègues contemporains des SHS. Aussi, avec comme unité l'enquête et non le fonds du chercheur, cet équipement introduit une nouvelle façon d’aborder la collecte. La dimension largement numérique du projet facilite, parfois, les choses : les chercheurs ne se sentent pas dépossédés de leurs documents nativement numériques et se révèlent rassurés de la sauvegarde des autres, grâce à leur numérisation. En se positionnant de fait à la croisée de plusieurs spécialités, beQuali développe différents partenariats avec, d’une part les services d’archives et les centres de recherche mais aussi et avec les « data archives » qui, bien que très actives dans la mise à disposition des données, demeurent encore, bien souvent, peu liés aux problématiques archivistiques. C’est donc cette originalité qui structure l’équipement beQuali à la fois par rapport aux banques de données et aux archives de la recherche. Cette contribution vise à présenter, dans ce contexte complexe, les enjeux que le projet beQuali soulève, ainsi que les réactions qu'il suscite de la part des producteurs, puis de démontrer dans quelles mesures le dispositif mis en place participe de l'effort national et international de collecte et de valorisation des archives de la recherche, tant du point de vue patrimonial que scientifique.

À visées scientifiques et pédagogiques, beQuali collecte et met à disposition des enquêtes qualitatives en sciences sociales sur un site web dédié : www.bequali.fr. Porté par le Centre de données socio-politiques (UMS 828 Sciences Po – CNRS), ce projet constitue l’un des trois volets de l’Equipex DIME-SHS. Plus qu’un catalogue de métadonnées, il s’agit d’un entrepôt de données de terrain – entretiens ou observations ethnographiques – contextualisées pour permettre leur ré-utilisation. Ces matériaux sensibles, par les informations qu’ils renferment et par l’attachement que leur portent leur auteurs, nécessitent d’articuler plusieurs contraintes juridiques et matérielles. Par ailleurs, la réanalyse, comme objectif scientifique, réactive la valeur d’usage de ces archives, en créant un nouveau cycle de vie des données. beQuali expérimente ainsi de manière originale la gestion des données de la recherche et contribue à la sauvegarde du patrimoine scientifique.

Communication à la journée d’études « Rôle et compétences des professionnels de l’information scientifique et technique pour l’accompagnement des projets de recherche », organisée par le réseau des documentalistes d'Aquitaine (ARPIST), Pessac

Dans le cadre de la journée d'étude « Diffusion et mutualisation de données qualitatives à caractère personnel en SHS », organisée par le laboratoire CITERES, beQuali a réalisé un retour d'expérience sur le thème de la diffusion et de l'archivage des données qualitatives.

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Ces dernières années les gisements de données disponibles en sciences sociales se sont multipliés. Développé au CDSP depuis 2010, BeQuali en est un. Cette banque d’enquêtes qualitatives met à disposition de la communauté scientifique des archives d’enquêtes de terrain, afin qu’elles soient réutilisées. Ces enquêtes de sociologie et de science politique mobilisent des techniques comme l’entretien, l’observation, la recherche documentaire ; elles comportent fréquemment des données personnelles et sensibles (car touchant à la politique, à la religion, à la sexualité, etc.). Sur support papier ou numérique, ces corpus comportent des données textuelles, images ou audiovisuelles. Leur diffusion est au croisement de diverses législations : code du patrimoine, loi informatique et libertés et nouveau Règlement européen pour la protection des données, droit à l'image et protection de la vie privée. Dans ce module, nous reviendrons tout d'abord sur les contraintes de la mise à disposition et de l'archivage des données en sciences sociales. Il s'agira ensuite d'investiguer les enjeux de la diffusion de ce type de données personnelles et sensibles, à partir d'un retour d'expérience des cas traités par l'équipe de beQuali. Les problèmes posés par leur traitement - juridiques, éthiques, scientifiques et pratiques - ainsi que les solutions mises en œuvre en termes d’anonymisation et de protection des enquêtés seront abordés à travers des exemples précis d'enquêtes du catalogue. Les précautions prises en matière de confidentialité seront également présentés. Outre cette réflexion collective à partir de l’examen croisé d’une dizaine de cas pratiques (sur des sujets de recherche plus ou moins sensibles, enquêtes menées sur des milieux d’interconnaissance ou non, corpus composés de transcriptions d’entretiens et/ou de notes d’observation, etc.), l'intervention s'appuiera aussi sur la manière dont d’autres ont pu traiter cette question - dans la littérature, sur d’autres plateformes, ou parmi des collègues proches.

L’enquête « Choisir son école » est le fruit d’une recherche au long cours réalisée par différents groupes de chercheurs, d’enseignants, de doctorants et d’étudiants et dont le pilotage a été assuré par Agnès van Zanten, directrice de recherche au CNRS. Elle interroge le choix de l’école en creusant les stratégies scolaires parentales, en lien avec leurs stratégies résidentielles. Interrogeant pour l’essentiel des membres des classes « moyennes-supérieures », à partir principalement du cas du collège, la recherche s’appuie sur l’agrégation de plusieurs enquêtes menées, entre 1999 et 2005, dans des zones urbaines de la banlieue parisienne – Rueil-Malmaison, Nanterre, Montreuil et Vincennes. Elle a donné lieu à un grand nombre de publications, notamment l’ouvrage Choisir son école, publié par Agnès van Zanten en 2009. Adoptant une démarche compréhensive, la chercheuse étudie les déterminants du choix ainsi que les médiations locales qui les canalisent. Elle propose une typologie des principales modalités du choix de l’école (contournement de la carte scolaire, sortie vers le secteur privé, etc.), en lien avec les stratégies résidentielles éventuellement associées. Elle propose une classification des parents en quatre groupes – technocrates, intellectuels, médiateurs, techniciens – eu égard à la question du choix. Son analyse lui permet d’éclairer le dilemme « bon parent » versus « bon citoyen » et la manière dont les différents types de parents résolvent en pratique ce conflit de rôle. Les documents proposés comprennent surtout des entretiens avec des parents d’élèves, complétés par des entretiens avec des acteurs de l’institution scolaire et quelques notes d’observations. Ils comprennent également de nombreux documents renseignant sur la préparation de l’enquête mais aussi sur la phase d’analyse des matériaux. Le potentiel de réutilisation de l’enquête est important et diversifié (comparaisons, analyse secondaire de thèmes moins exploités à l’origine, enseignement et réflexion méthodologique…).

L’enquête sur l’enquête est une production scientifique réalisée par un membre de l’équipe beQuali qui a pour objet d’éclairer d’un point de vue documentaire, méthodologique et analytique les enquêtes qualitatives diffusées sur le site enQuêtes. L’enquête par entretiens, intitulée « Représentations du champ social, attitudes politiques et changements socio-économiques », est le produit d’un travail collectif mené entre 1977 et 1981 . Guy Michelat (alors maître de recherche en sociologie au CNRS), Michel Simon (alors chargé d’enseignement de sociologie à l’Institut de sociologie de Lille), Jean-Marie Donégani (alors jeune assistant de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques) réalisent cette étude de sociologie politique, publiée sous le même titre en 1981. Elle est plus communément connue sous le nom de « rapport CORDES » pour désigner le document remis au Comité d’Organisation des Recherches Appliquées sur de Développement Economique et Social (CORDES), institution du Commissariat du plan ayant financé le projet.

Cette enquête sur l'enquête porte sur l'enquête ethnographique réalisée entre 2003 et 2011 (en France et aux Etats-Unis) par Florent Champy dans le cadre de ses recherches au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron (CESPRA) portant sur les architectes en tant que groupe professionnel. Cette enquête ne découle pas d’un financement particulier mais d’un agrégat de recherches menées par Florent Champy depuis sa thèse. Le terrain, conduit entre 2004 et 2005 à Paris et à La Nouvelle Orléans, repose sur la base d'observations participantes en écoles d’architecture. Le matériau est complété par l’analyse de traités d’architecture ; Florent Champy s’appuie aussi sur ses précédents terrains (notamment auprès d’architectes à Marseille et de réseaux de politiques publiques à Paris). A partir de ces matériaux, le sociologue questionne les deux paradigmes dominants en sociologie des professions : le fonctionnalisme et l’interactionnisme. L'analyse qui en a découlé a servi de support à son mémoire d’habilitation à diriger des recherches (HDR) en 2008. Le chercheur propose une Nouvelle théorie sociologique des professions, du titre de l’ouvrage paru en 2011 et qui constitue l’exploitation première de l’enquête en question. Nota bene : les matériaux mis à disposition vont au-delà du terrain de 2004-2005 puisqu’ils restituent les notes d’entretien et la documentation collectées au cours de précédentes recherches.

L’enquête Des femmes en politique est le fruit d’une recherche que Mariette Sineau, aujourd’hui directrice de recherche honoraire au CNRS, a menée au sein du CEVIPOF entre 1983 – date de la première formalisation du projet d’enquête – et 1988 – date d’édition de l’ouvrage qui en a été tiré. Financée par le CNRS dans le cadre d’une Action thématique programmée sur le thème « Recherches sur les femmes et recherches féministes », elle porte sur la constitution des identités et les trajectoires de femmes exerçant des fonctions politiques élevées en France. L’enquête s’appuie principalement sur 41 entretiens conduits avec des femmes politiques qui étaient à l’époque députées, sénatrices, maires de grandes villes (plus de 30 000 habitants) et responsables nationales de partis. Les entretiens ont été réalisés entre mai 1984 et juillet 1985, en région parisienne essentiellement. L’enquête montre que les femmes politiques restent encore majoritairement prisonnières des images d’elles-mêmes que leur entourage leur renvoie, et notamment du sentiment de transgresser la division sexuée du travail ainsi que les principes fondamentaux de la hiérarchie entre les sexes. Ces représentations varient cependant selon la situation personnelle des femmes, les politiques des partis vis-à-vis de la parité, ou encore selon des variables plus contextuelles comme les cultures politiques régionales. L’enquête explore également la manière dont les femmes déclarent agir en fonction de ces représentations. Sont décrites d’abord des pratiques de surcompensation. Est également soulignée l’apparition de pratiques autonomes chez certaines de ces femmes, voire l’émergence d’une conscience féministe parmi quelques-unes d’entre elles.

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Ce texte propose un retour d’expérience sur les problématiques d’anonymisation que nous gérons dans le développement de la banque d’enquêtes qualitatives en sciences sociales “beQuali”. Nous y restituons les questions que nous affrontons, ainsi que les solutions mises en œuvre, lorsque nous devons traiter des données qualitatives portant sur des individus “enquêtés” lors de recherches en sociologie et en science politique. Nous y explicitons les difficultés à articuler deux principes d’égale importance : préserver la précision des données et donc leur potentiel de réutilisation – ce qui renvoie à une nécessité d’ordre scientifique – et protéger les enquêtés et les chercheurs premiers – ce qui renvoie à un impératif avant tout d’ordre juridique, mais aussi éthique ou déontologique 1 . L’anonymisation de telles “données”, loin de se résumer à une opération technique, conséquence de l'application mécanique du droit, constitue un enjeu complexe, au carrefour de logiques hétérogènes ; à défaut de pouvoir être standardisée, elle implique un traitement au cas par cas, via des réglages ad hoc, à la recherche d’un équilibre à chaque fois sur mesure. Pour ce faire, nous restituons les fruits d’une réflexion collective basée sur l’examen croisé de plusieurs cas de figure illustrés par des enquêtes déjà traitées ou en cours de traitement à beQuali.

Réutiliser des matériaux d’enquêtes qualitatives en sciences sociales pour produire de nouvelles recherches et enseigner les méthodes : tel est le questionnement scientifique ayant conduit en 2011 à la création de la banque d’enquêtes qualitatives au Centre de données socio-politiques (CDSP).Le présent article expose les réflexions menées au sein de beQuali autour des enjeux de la réutilisation des données qualitatives. Il détaille pour chaque étape du processus — de la collecte des archives à l’exploration des corpus sur le site Web — les différentes problématiques qui ont préfiguré la mise en place du dispositif beQuali et les moyens mis en oeuvre pour construire et faire fonctionner l’équipement tel qu’il existe aujourd’hui.

Un des enjeux principaux de la recherche qualitative en SHS est la formation aux méthodes d’enquêtes. Si la réflexion sur les méthodes fait désormais pleinement partie du développement de disciplines comme la sociologie ou la science politique, les manières d’enseigner ces méthodes restent peu publicisées. La littérature ou les événements en langue française autour de ces questions sont rares, à quelques exceptions près. Cette communication entend combler en partie ce vide, en proposant un retour sur un dispositif pédagogique innovant, basé sur la réutilisation d’archives d’enquêtes mises à disposition par beQuali, la banque d’enquêtes qualitatives du Centre de données sociopolitiques (CDSP). Nous reviendrons d’abord sur les potentialités d’une telle approche, qui permet d’aborder de façon novatrice l’enquête de terrain. La mise à disposition de matériaux « bruts » permet d’illustrer avec réalisme la phase de production de l’enquête : par exemple, disposer des différents guides d’entretiens permet de comprendre comment ce support évolue au cours du temps, selon les aléas du terrain et les ajustements nécessaires de la problématique de l’enquête. La phase de collecte occupe généralement une place importante dans les enseignements de méthodes qualitatives ; en revanche, souvent pour des raisons pratiques, la phase d’analyse des matériaux est moins développée. Mobiliser des archives d’enquêtes comportant des documents d’analyse (graphes, fiches, etc. ) permet de reconfigurer le format des enseignements en mettant davantage l’accent sur cette phase. Autre apport, ces archives donnent fréquemment à voir le cheminement intellectuel de la recherche, et ses multiples ajustements, permettant aux étudiants de se familiariser avec le travail de catégorisation théorique comme avec son caractère intrinsèquement « bricolé ». Dans un second temps, nous aborderons les enjeux qu’une telle approche implique pour la formation universitaire à la recherche. Sans être prescriptif ni normatif, il s’agira de réfléchir à des principes directeurs de l’enseignement des méthodes qualitatives. Loin de se substituer à l’apprentissage direct et personnel du terrain, la possibilité d’utiliser ces archives permet d’enrichir les ressources pédagogiques des enseignants et des étudiants. Des questions telles que la formation à l’adaptation des méthodes en fonction des spécificités des projets de recherche, ou encore la sensibilisation au contexte des données recueillies sur le terrain semblent prometteuses. Cette situation pédagogique peut également fournir d’autres moyens pour organiser l’interaction entre enseignants et étudiants – dans le sens d’une plus grande mise à distance de sources communes. Par ailleurs, il serait davantage possible de mutualiser les expériences au sein des équipes pédagogiques. La communication s’appuiera sur une réflexion menée à partir de trois retours d’expériences : des exemples d’utilisation d’archives d’enquêtes de beQuali dans le cadre d’enseignements de méthodes au niveau Master ; des réflexions développées dans le cadre d’un groupe de travail coordonné par beQuali sur l’enseignement des méthodes à partir des archives d’enquête ; l’expérience d’un atelier « enseignement » organisé pour les 10 ans du CDSP, afin de constituer un kit pédagogique à destination de la communauté scientifique.

Présentation de la banque d'enquêtes qualitatives en sciences sociales - beQuali. Equipement d'excellence développé au Centre de données socio-politiques (CDSP), cette plateforme nationale propose la diffusion et l'archivage pérenne d'enquêtes qualitatives en sciences sociales. Les différentes étapes de traitement, les choix et procédures techniques, juridiques et documentaires sont passés en revue. L'appel à propositions de dépôt d'enquête dans beQuali est ouvert à l'ensemble de la communauté recherche : les modalités de réponse sont explicités.

Thème : Produire et publier : production et traitement du document numérique, édition électronique, publication scientifique, propriété intellectuelle Objectifs beQuali est une banque d’enquêtes qualitatives en sciences sociales qui met à disposition de la communauté scientifique des matériaux bruts et toute une documentation restituant le contexte de production des enquetes. L’objectif de ce stage est double. Il montrera d'une part l'intéret et les possibilités que peut représenter un tel outil pour la recherche en sciences sociales. Il permettra d'autre part d'aborder la problematique de la gestion des données de la recherche au travers de quelques exemples concrets : les questions de préparation des données qualitatives, de préservation pérenne et de partage scientifique seront abordées. Une démonstration de l’outil, des discussions collectives et des mises en pratique seront proposées aux participants. Programme Présentation de la plateforme beQuali : projet, fonctionnement, catalogue, fonctionnalités Les spécificités des données d’enquêtes qualitatives dans une optique de partage et de réutilisation Parcours d’une enquête dans beQuali : traitements et collaborations de la collecte à l’archivage pérenne cadre juridique anonymisation numérisation formats documentation et standards Les questions clés du partage : retour d’expérience à partir des enquêtes traitées par beQuali Pourquoi valoriser ses données et comment utiliser les données sur beQuali ? Cas d’usages de beQuali pour la recherche et l’enseignement Public concerné Tous publics URFIST

beQuali est une banque d’enquêtes qualitatives en sciences sociales à disposition de la communauté scientifique. L’objectif de ce séminaire est de présenter les usages possibles pour la recherche et l’enseignement, et de proposer un retour d’expérience en matière de préparation de données qualitatives dans un objectif de préservation pérenne et de diffusion à des fins de réutilisation académique. Une démonstration du site, des discussions collectives et une prise en main rapide du site seront proposées aux participants.

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